Exercice aérobique - phase chronique

Note : En passant en revue les résultats dans le tableau synoptique, il est important de noter qu’ils sont toujours faits selon les critères d’essais cliniques randomisés (ECR) – spécifiquement comparés à un groupe témoin. Pour clarifier, les individus recevant le traitement peuvent s’être améliorés comparativement à leur état avant ce traitement MAIS ne se sont pas améliorés sensiblement plus que ceux du groupe témoin (lorsque les deux groupes ont été comparés au moment de l’évaluation post-traitement). La conclusion que vous verrez alors est que le traitement n’est pas efficace voulant dire « plus efficace » que le traitement témoin auquel il a été comparé. Les études non randomisées ne sont plus incluses lorsqu’il y a suffisamment d’évidences de recherche indiquant de fortes données probantes (niveau 1a).

Note : Il est difficile de dire avec une certitude si une intervention avec un exercice donné est « aérobique » par nature. Dans ce module, nous n’incluons que les études qui comportent une intervention avec un exercice aérobique sans équivoque. Plus précisément, seules celles qui incluaient un résultat examinant l’effet de l’exercice sur la capacité aérobique (pic de VO2, pic de charge de travail et pic de fréquence cardiaque pendant un test aérobique maximal sur un tapis roulant ou un vélo stationnaire) ont été prises en considération. Nombre de ces études exploraient aussi les résultats fonctionnels, physiques et émotionnels ; ces résultats ont également été inclus. De même, toutes les études jusqu’à ce jour qui ont examiné l’effet de l’exercice aérobique sur l’AVC en phase chronique de récupération présentent un amalgame de différents types de traitement (p. ex. entraînement en résistance, entraînement en souplesse ainsi qu’une composante solide d’entraînement aérobique), il est donc important de noter que les effets de ces interventions peuvent être attribuables en partie à la combinaison de différents traitements et non spécifiquement à la composante aérobique.

Quatorze études qui satisfont aux critères d’inclusion (de ce nombre quatre ECR de haute qualité, cinq ECR de qualité acceptable, deux études quasi-expérimentales, une étude de type pré/post, une étude à mesures répétées  et une étude d’intervention non contrôlée) laissent entendre qu’un programme d’exercice soutenu contenant une composante aérobique fournie sur une période d’au moins 8 semaines, 3 fois par semaine, peut améliorer les aspects de la fonction physiologique, de la fonction physique et du bien-être émotionnel chez les patients en phase chronique d’un AVC.

Cliquez ici pour visualiser le tableau des résultats par auteurs (anglais seulement).

Activités et participationInefficace1b

Un ECR de haute qualité (Pang et al., 2005) et un essai quasi-expérimental non randomisé (Sunnerghagen, 2007) ont examiné les effets de l’exercice aérobique sur les activités et la participation de patients en phase chronique de récupération d’un AVC.

L’ECR de haute qualité (Pang et al., 2005) a assigné aléatoirement des patients pour recevoir un programme de santé cardiorespiratoire de 19 semaines comprenant des exercices de mobilité, d’équilibre et de renforcement musculaire des jambes ou un programme d’exercices assis visant le renforcement des membres supérieurs de 19 semaines (groupe témoin). Les activités et la participation ont été mesurées après l’intervention par la Physical Activity Scale for Individuals with Physical Disabilities. Aucune différence significative entre les groupes n’a été notée.

L’essai quasi-expérimental non randomisé (Sunnerghagen, 2007) a examiné l’effet de la thérapie en circuit sur la force, la capacité aérobique, les activités et la participation dans la vie communautaire d’hommes (âgés de 40 à 68 ans) en phase chronique de récupération d’un AVC. Les patients ont été assignés à un groupe d’intervention qui recevait un entraînement de 45 minutes, 3 fois par semaine durant 8 semaines, qui comprenait des exercices de renforcement musculaire, de l’endurance et de la capacité aérobique ou à un groupe témoin qui ne recevait aucune intervention. Après l’intervention, aucune différence significative n’a été notée sur les activités de la vie quotidienne (AVQ) telles qu’évaluées par la Mesure de l’indépendance fonctionnelle et l’Instrumental Activity Measure, ni sur les activités physiques mesurées par la Physical Activity Scale for the Elderly.
Note : L’essai quasi-expérimental non randomisé n’ayant pas documenté les différences significatives entre les groupes ne pourra être considéré pour déterminer un niveau d’évidence pour notre conclusion.

Conclusion : Il y a des données probantes modérées (niveau 1b) provenant d’un ECR de haute qualité indiquant qu’un programme d’exercices aérobiques n’est pas plus efficace qu’une intervention témoin (ici, un programme d’exercices assis visant le renforcement des membres supérieurs) pour améliorer les activités et la participation de patients en phase chronique de récupération d’un AVC.

Apprentissage moteurEfficace1b

Un ECR de haute qualité (Quaney et al., 2009) a examiné les effets de l’exercice aérobique sur l’apprentissage moteur de patients en phase chronique de récupération d’un AVC. Cet ECR de haute qualité a assigné aléatoirement des patients pour recevoir un programme d’entraînement progressif (de 45 minutes) sur vélo stationnaire durant 8 semaines ou un programme d’exercices d’étirement des membres inférieurs et supérieurs (de 45 minutes) durant 8 semaines (groupe témoin). L’évaluation de l’apprentissage moteur des patients a été mesuré à 8 semaines (après l’intervention) et lors d’un suivi (à 16 semaines) ; l’apprentissage conditionné (la précision de la force prédictive) par le Predictive Grip Force Modulation Task et l’apprentissage implicite (la séquence spécifique et la séquence aléatoire du temps de réaction) par le Serial Reaction Timed Task. Immédiatement après l’intervention, une amélioration significative entre les groupes a été notée sur la mesure de l’apprentissage conditionné et celle de la séquence spécifique du temps de réaction de l’apprentissage implicite, en faveur du groupe d’intervention comparé au groupe témoin. Cette amélioration n’a toutefois pas conservé sa valeur significative au moment du suivi, 8 semaines plus tard. Aucune différence significative n’a été relevée sur la mesure de la séquence aléatoire du temps de réaction de l’apprentissage implicite

Conclusion : Il y a des données probantes modérées (niveau 1b) provenant d’un ECR de haute qualité indiquant qu’un programme d’exercices aérobiques est plus efficace, à court terme, qu’une intervention témoin (ici, un programme d’exercices d’étirement des membres inférieurs et supérieurs) pour améliorer l’apprentissage conditionné et certains aspects de l’apprentissage implicite (la séquence spécifique du temps de réaction) de patients en phase chronique de récupération d’un AVC.

AttentionÉvidence insuffisante5

Une étude de type pré/post (Kluding et al., 2011) a examiné les effets de l’exercice aérobique sur l’attention de patients en phase chronique de récupération d’un AVC. Cette étude de type pré/post a assigné des patients pour recevoir un programme d’exercices aérobiques et d’étirement de 12 semaines. L’attention des patients a été mesurée au départ de l’étude et après l’intervention par le Flanker Test (recognition of congruent and incongruent stimuli). Aucune amélioration significative n’a été notée entre les deux mesures.
Note : Cette étude n’ayant pas comparé un entraînement aérobique avec une intervention témoin ne pourra être considéré pour déterminer un niveau d’évidence pour notre conclusion.

Conclusion : Il y a des données probantes insuffisantes (niveau 5) au sujet de l’efficacité de l’exercice aérobique sur l’attention de patients en phase chronique de récupération d’un AVC. Cependant, une étude de type pré/post n’a noté aucune amélioration de l’attention suivant un programme d’exercices aérobiques et d’étirement.

Auto-efficacité perçue de la mobilité fonctionnelleInefficace1b

Un ECR de haute qualité (Lee et al., 2008) a examiné les effets de l’exercice aérobique sur l’auto-efficacité perçue de la mobilité fonctionnelle de patients en phase chronique de récupération d’un AVC. Cet ECR de haute qualité a assigné aléatoirement des patients pour recevoir un cycle d’exercices aérobiques de 10 à 12 semaines ou un cycle aérobique simulé (groupe témoin). L’auto-efficacité perçue de la mobilité fonctionnelle a été mesurée immédiatement après l’intervention par l’Ewart self-efficacy scales for stair climbing and walking. Aucune amélioration significative entre les groupes n’a été notée.

Conclusion : Il y a des données probantes modérées (niveau 1b) provenant d’un ECR de haute qualité indiquant qu’un programme d’exercices aérobiques n’est pas plus efficace qu’une intervention témoin (ici, un cycle aérobique simulé) pour améliorer l’auto-efficacité perçue de la mobilité fonctionnelle de patients en phase chronique de récupération d’un AVC.

Bilan lipidique sanguinEfficace2b

Une étude quasi-expérimentale (Rimmer et al., 2009) a examiné les effets de l’exercice aérobique sur le bilan lipidique sanguin de patients en phase chronique de récupération d’un AVC. Cette étude quasi-expérimentale a assigné des patients pour recevoir un programme d’exercices d’intensité modérée de courte durée (30 minutes, 3 fois par semaine, durant 14 semaines) ; un programme d’exercices de faible intensité d’une plus longue durée (plus de 60 minutes, 3 fois par semaine, durant 14 semaines) ou ; le programme thérapeutique habituel composé principalement d’exercices de force, d’équilibre et d’amplitude articulaire (3 fois par semaine, durant 14 semaines). Le bilan lipidique sanguin a été mesuré à 14 semaines (après l’intervention). Une amélioration significative entre les groupes a été notée sur le bilan des triglycérides (abaissé) et du cholestérol des lipoprotéines de basse densité (abaissé) en faveur des deux groupes d’intervention de programme d’exercices comparés au groupe de programme thérapeutique habituel.

Conclusion : Il y a des données probantes limitées (niveau 2b) provenant d’une étude quasi-expérimentale indiquant qu’un programme d’exercices aérobiques est plus efficace que le programme thérapeutique habituel pour améliorer le bilan lipidique sanguin de patients en phase chronique de récupération d’un AVC.

Composition corporelleEfficace2a

Un ECR de qualité acceptable avec un dispositif de type pré/post différé (Rimmer et al., 2000) a examiné les effets de l’exercice aérobique sur la composition corporelle – définie comme une combinaison de poids corporel, d’indice de masse corporelle et de plis cutanés totaux – principalement chez des patients Afro-Américains en phase chronique de récupération d’un AVC. Cet ECR de qualité acceptable a assigné aléatoirement les patients à une phase d’intervention recevant un programme d’entraînement aérobique comprenant des exercices de force musculaire et de flexibilité de 12 semaines, ou à une phase témoin qui ne recevait aucune intervention. Les mesures de composition corporelle ont été prises à 12 semaines (après l’intervention du premier groupe) et à 24 semaines (après que le deuxième groupe ait complété son intervention différée). Une diminution significative entre les groupes a été notée sur le poids corporel, l’indice de masse corporelle et les plis cutanés totaux (indiquant une amélioration de la composition corporelle car la plupart des patients étaient considérés comme ayant un surpoids) en faveur de la phase d’intervention aérobique comparée à la phase d’absence d’intervention.

Conclusion : Il y a des données probantes limitées (niveau 2a) provenant d’un ECR de qualité acceptable indiquant qu’une phase d’un programme d’exercices aérobiques est plus efficace qu’une phase sans intervention pour réduire le poids corporel, l’indice de masse corporelle et les plis cutanés totaux de patients en phase chronique de récupération d’un AVC.

Densité minérale osseuseEfficace1b

Un ECR de haute qualité (Pang et al., 2005) a examiné les effets de l’exercice aérobique sur la densité minérale osseuse (DMO) de patients en phase chronique de récupération d’un AVC. Cet ECR de haute qualité a assigné aléatoirement des patients pour recevoir un programme de santé cardiorespiratoire de 19 semaines comprenant des exercices de mobilité, d’équilibre et de renforcement musculaire des jambes ou un programme d’exercices assis visant le renforcement des membres supérieurs de 19 semaines (groupe témoin). La DMO a été mesurée après l’intervention en utilisant un absorptiomètre à rayons X à double énergie. Une différence significative entre les groupes a été notée sur la mesure de DMO du col fémoral (côté parétique) en faveur du groupe d’intervention comparé au groupe témoin. Aucune différence significative n’a été mesurées du côté non parétique.

Conclusion : Il y a des données probantes modérées (niveau 1b) provenant d’un ECR de haute qualité indiquant qu’un programme d’exercices aérobiques est plus efficace qu’une intervention témoin (ici, un programme d’exercices assis visant le renforcement des membres supérieurs) pour améliorer la densité minérale osseuse du col fémoral du côté parétique (mais pas du côté non parétique) de patients en phase chronique de récupération d’un AVC.

Déplacements et transfertsEfficace1b

Un ECR de haute qualité (Quaney et al., 2009) a examiné les effets de l’exercice aérobique sur les déplacements et les transferts de patients en phase chronique de récupération d’un AVC. Cet ECR de haute qualité a assigné aléatoirement des patients pour recevoir un programme d’entraînement progressif (de 45 minutes) sur vélo stationnaire durant 8 semaines ou un programme d’exercices d’étirement des membres inférieurs et supérieurs (de 45 minutes) durant 8 semaines (groupe témoin). Les déplacements et transferts ont été mesurés à 8 semaines (après l’intervention) et lors d’un suivi (à 16 semaines) par le Get Up and Go test. Immédiatement après l’intervention, une amélioration significative entre les groupes a été notée sur l’évaluation des déplacements et des transferts en faveur du groupe d’intervention comparé au groupe témoin. Cette amélioration n’a toutefois pas conservé sa valeur significative au moment du suivi, 8 semaines plus tard.

Conclusion : Il y a des données probantes modérées (niveau 1b) provenant d’un ECR de haute qualité indiquant qu’un programme d’exercices aérobiques est plus efficace, à court terme, qu’une intervention témoin (ici, un programme d’exercices d’étirement des membres inférieurs et supérieurs) pour améliorer les déplacements et les transferts de patients en phase chronique de récupération d’un AVC.

DépressionÉvidence insuffisante5

Une étude à mesures répétées (Rand et al., 2010) a examiné les effets de l’exercice aérobique sur les symptômes de dépression de patients en phase chronique de récupération d’un AVC. Cette étude à mesures répétées a assigné les patients pour recevoir un programme de 6 mois (2 séances par semaine) comprenant 2x 1 heure d’exercices d’étirement, d’équilibre et de tâches spécifiques, et 1 heure d’activités de loisir. Les symptômes de la dépression ont été mesurés au départ de l’étude, à 3 mois et à 6 mois (après l’intervention), par la Geriatric Depression Scale. Aucun changement significatif n’a été noté entre les différents temps de mesures.

Conclusion : Il y a des données probantes insuffisantes (niveau 5) au sujet de l’efficacité de l’exercice aérobique sur les symptômes de dépression de patients en phase chronique de récupération d’un AVC. Cependant, une étude à mesures répétées n’a noté aucune amélioration des symptômes de dépression suivant un programme d’exercices aérobiques et d’activités de loisir.

Distance de marcheContradictoire4

Deux ECR de haute qualité (Pang et al., 2005Lee et al., 2008) et deux ECR de qualité acceptable (Macko et al., 2005Janssen et al., 2008), ont examiné les effets de l’exercice aérobique sur la distance de marche de patients en phase chronique de récupération d’un AVC.

Le second ECR de haute qualité (Pang et al., 2005) a assigné aléatoirement des patients pour recevoir un programme de santé cardiorespiratoire de 19 semaines comprenant des exercices de mobilité, d’équilibre et de renforcement musculaire des jambes ou un programme d’exercices assis visant le renforcement des membres supérieurs de 19 semaines (groupe témoin). La force du membre inférieur a été mesurée immédiatement après l’intervention à l’aide d’un dynamomètre manuel évaluant l’extension isométrique du genou. Une augmentation significative entre les groupes a été notée sur la force musculaire des jambes en faveur du groupe d’intervention comparé au groupe témoin.

Le troisième ECR de haute qualité (Lee et al., 2008) a assigné aléatoirement des patients pour recevoir un cycle d’exercices aérobiques de 10 à 12 semaines ou un cycle aérobique simulé (groupe témoin). La force du membre inférieur a été mesurée immédiatement après l’intervention par la puissance pour monter un escalier et par la capacité des membres inférieurs pour lever un poids. Aucune amélioration significative entre les groupes n’a été notée.

Le premier ECR de qualité acceptable (Macko et al., 2005) a assigné aléatoirement des patients pour recevoir un programme d’entraînement progressif de 6 mois sur tapis roulant ciblant une durée de 35 minutes à 60-70% de la réserve de fréquence cardiaque, ou un programme d’étirement combiné à un entraînement de 5 minutes à faible intensité sur tapis roulant ciblant 30 à 40% de la réserve de fréquence cardiaque (groupe témoin). Après l’intervention, aucune différence significative entre les groupes n’a été notée sur la vitesse de marche telle qu’évaluée par un test de vitesse de marche sur 30 pieds (au rythme habituel ou à un rythme accéléré), ou par la sous-échelle Vitesse du Walking Impairment Questionnaire.

Le second ECR de qualité acceptable (Janssen et al., 2008)  a examiné l’efficacité de la stimulation électrique fonctionnelle (SEF) durant un entraînement des jambes sur vélo stationnaire pour améliorer la capacité aérobique, la puissance maximale, la force musculaire et la performance fonctionnelle de patients en phase chronique de récupération d’un AVC. Cet ECR de qualité acceptable a assigné aléatoirement les patients à un groupe d’intervention qui recevait une SEF suscitant une contraction musculaire ou à un groupe témoin recevant une SEF pouvant être ressentie mais qui ne suscitait pas de contractions musculaires. Pour les deux groupes, ces SEF étaient appliquées durant la pratique d’un entrainement sur vélo stationnaire. La force du membre inférieur a été mesurée à 6 semaines (après l’intervention) par un test de contractions maximum volontaires. Après l’intervention, aucune différence significative entre les groupes n’a été notée.
Note : Cette étude n’ayant pas comparé un entraînement aérobique avec une intervention témoin non aérobique ne pourra être considéré pour déterminer un niveau d’évidence pour notre conclusion.

Conclusion : Il y a des données contradictoires (niveau 4) au sujet de l’efficacité de l’exercice aérobique sur la force du membre inférieur de patients en phase chronique de récupération d’un AVC. Tandis que deux ECR de haute qualité et un ECR de qualité acceptable indiquent que l’exercice aérobique améliore la force musculaire du membre inférieur des patients, un troisième ECR de haute qualité n’indiquent aucune amélioration sur la force musculaire suivant une intervention d’exercices aérobiques.
Note : Les deux ECR de haute qualité et l’ECR de qualité acceptable qui ont noté des résultats positifs incluaient une composante d’entraînement de force musculaire dans leur intervention.

Économie de la marcheEfficace2b

L’étude d’intervention non contrôlée (Macko et al., 2001) a examiné les effets de l’exercice aérobique sur l’économie de la marche de patients en phase chronique de récupération d’un AVC. Cette étude d’intervention non contrôlée a assigné vingt-trois patients pour recevoir un programme d’entraînement progressif de 6 mois sur tapis roulant ciblant une durée de 40 minutes à 60-70% de la réserve de fréquence cardiaque. L’économie de la marche a été évaluée à 3 mois et à 6 mois (immédiatement après l’intervention) par la mesure de VO2 durant un test de marche sous-maximale. Une amélioration significative a été notée indiquant une amélioration des capacités aérobiques.

Conclusion : Il y a des données probantes limitées (niveau 2b) provenant d’une étude d’intervention non contrôlée indiquant qu’un programme d’exercices aérobiques améliore l’économie de la marche de patients en phase chronique de récupération d’un AVC.

EnduranceEfficace2a

Deux ECR de qualité acceptable (Potempa et al., 1995 et Rimmer et al., 2000) ont examiné les effets de l’exercice aérobique sur l’endurance de patients en phase chronique de récupération d’un AVC.

Le premier ECR de qualité acceptable (Potempa et al., 1995) a assigné aléatoirement des patients pour recevoir programme d’entraînement aérobique progressif sur vélo stationnaire d’une durée de 10 semaines ou un programme d’entraînement de l’amplitude articulaire passive de 10 semaines (groupe témoin). Après l’intervention, les auteurs ont constaté une augmentation significative du temps d’exercice (indiquant une amélioration de l’endurance) en faveur du programme d’entraînement aérobique comparé à l’intervention témoin.

Le second ECR de qualité acceptable avec un dispositif de type pré/post différé (Rimmer et al., 2000) a assigné aléatoirement les patients (principalement des Afro-Américains) à une phase d’intervention recevant un programme d’entraînement aérobique comprenant des exercices de force musculaire et de flexibilité de 12 semaines, ou à une phase témoin qui ne recevait aucune intervention. Les mesures ont été prises à 12 semaines (après l’intervention du premier groupe) et à 24 semaines (après que le deuxième groupe ait complété son intervention différée). Une augmentation significative du temps d’exercice a été observée (indiquant une amélioration de l’endurance) en faveur de la phase d’intervention aérobique comparée à la phase d’absence d’intervention.

Conclusion : Il y a des données probantes limitées (niveau 2a) provenant de deux ECR de qualité acceptable indiquant qu’un programme d’exercices aérobiques améliore l’endurance de patients en phase chronique de récupération d’un AVC.

Endurance à la marcheÉvidence insuffisante5

Deux études d’intervention non contrôlée (Rand et al., 2010Kluding et al., 2011) ont examiné les effets de l’exercice aérobique sur l’endurance à la marche de patients en phase chronique de récupération d’un AVC.

L’étude à mesures répétées (Rand et al., 2010) a assigné les patients pour recevoir un programme de 6 mois (2 séances par semaine) comprenant 2x 1 heure d’exercices d’étirement, d’équilibre et de tâches spécifiques, et 1 heure d’activités de loisir. L’endurance à la marche été mesurée au départ de l’étude, à 3 mois et à 6 mois (après l’intervention), par un test de marche de 6 minutes. En comparaison des résultats mesurés au départ de l’étude, une amélioration significative a été observée sur l’endurance à la marche à 3 mois et à 6 mois.

L’étude de type pré/post (Kluding et al., 2011) a assigné des patients pour recevoir un programme d’exercices aérobiques et d’étirement de 12 semaines. L’endurance à la marche a été mesurée au départ de l’étude et après l’intervention par un test de marche de 6 minutes. Une forte tendance à l’amélioration a été notée entre les deux mesures.
Note : Cette étude n’ayant pas comparé un entraînement aérobique avec une intervention témoin non aérobique ne pourra être considéré pour déterminer un niveau d’évidence pour notre conclusion.

Conclusion : Il y a des données probantes insuffisantes (niveau 5) au sujet de l’efficacité de l’exercice aérobique sur l’endurance à la marche de patients en phase chronique de récupération d’un AVC. Cependant, une étude à mesures répétées a noté une amélioration significative sur l’endurance à la marche suivant un programme d’exercices aérobiques et d’activités de loisir, et une étude de type pré/post a noté une forte tendance à l’amélioration de l’endurance à la marche suivant un programme d’exercices aérobiques et d’étirement.

ÉquilibreInefficace1a

Trois ECR de haute qualité (Chu et al., 2004Pang et al., 2005 et Quaney et al., 2009) et un ECR de qualité acceptable (Janssen et al., 2008) ont examiné les effets de l’exercice aérobique sur l’équilibre de patients en phase chronique de récupération d’un AVC.

Le premier ECR de haute qualité (Chu et al., 2004) a assigné aléatoirement des patients pour recevoir un programme d’entraînement aérobique en piscine (niveau d’eau à la hauteur de la poitrine) durant 8 semaines ou un programme d’exercices des bras et des mains en demeurant assis (3 séances d’une heure par semaine) durant 8 semaines (groupe témoin). L’équilibre des patients a été mesuré immédiatement après l’intervention par l’Échelle de l’équilibre de Berg. Aucune différence significative entre les groupes n’a été notée.
Note : Les auteurs ont souligné que l’absence d’amélioration significative au niveau de l’équilibre peut être due à l’effet de flottabilité de l’eau durant le programme d’entraînement (ce qui aurait trop aidé les participants). De plus, les résultats au pré-test sur l’Échelle de l’équilibre de Berg étaient assez élevés, ce qui aurait pu conduire à un effet plafond (incapacité de détecter une amélioration supplémentaire chez les patients qui atteignaient déjà le haut de l’échelle).

Le second ECR de haute qualité (Pang et al., 2005) a assigné aléatoirement des patients pour recevoir un programme de santé cardiorespiratoire de 19 semaines comprenant des exercices de mobilité, d’équilibre et de renforcement musculaire des jambes ou un programme d’exercices assis visant le renforcement des membres supérieurs de 19 semaines (groupe témoin). L’équilibre des patients a été mesuré immédiatement après l’intervention par l’Échelle de l’équilibre de Berg. Aucune différence significative entre les groupes n’a été notée.
Note : Les résultats au pré-test sur l’Échelle de l’équilibre de Berg étaient assez élevés, ce qui aurait pu conduire à un effet plafond (incapacité de détecter une amélioration supplémentaire chez les patients qui atteignaient déjà le haut de l’échelle).

Le troisième ECR de haute qualité (Quaney et al., 2009) a assigné aléatoirement des patients pour recevoir un programme d’entraînement progressif (de 45 minutes) sur vélo stationnaire durant 8 semaines ou un programme d’exercices d’étirement des membres inférieurs et supérieurs (de 45 minutes) durant 8 semaines (groupe témoin). L’équilibre des patients a été mesuré à 8 semaines (après l’intervention) et lors d’un suivi (à 16 semaines) par l’Échelle de l’équilibre de Berg. Immédiatement après l’intervention, une tendance vers une différence significative entre les groupes a été notée sur les mesures de l’équilibre en faveur du groupe d’intervention comparé au groupe témoin, tendance qui a atteint une valeur significative au moment du suivi, 8 semaines plus tard.

L’ECR de qualité acceptable (Janssen et al., 2008)  a examiné l’efficacité de la stimulation électrique fonctionnelle (SEF) durant un entraînement des jambes sur vélo stationnaire pour améliorer la capacité aérobique, la puissance maximale, la force musculaire et la performance fonctionnelle de patients en phase chronique de récupération d’un AVC. Cet ECR de qualité acceptable a assigné aléatoirement les patients à un groupe d’intervention qui recevait une SEF suscitant une contraction musculaire ou à un groupe témoin recevant une SEF pouvant être ressentie mais qui ne suscitait pas de contractions musculaires. Pour les deux groupes, ces SEF étaient appliquées durant la pratique d’un entrainement sur vélo stationnaire. L’équilibre des patients a été mesuré à 6 semaines (après l’intervention) par l’Échelle de l’équilibre de Berg. Après l’intervention, aucune différence significative entre les groupes n’a été notée.

Conclusion : Il y a de fortes données probantes (niveau 1a) provenant de trois ECR de haute qualité et d’un ECR de qualité acceptable indiquant qu’un programme d’exercices aérobiques n’est pas plus efficace que des interventions témoins (ici, un programme d’exercices des bras et des mains en demeurant assis ; un programme d’exercices assis visant le renforcement des membres supérieurs ; un programme d’exercices d’étirement des membres inférieurs et supérieurs ou une SEF pouvant être ressentie mais qui ne suscitait pas de contractions musculaires) pour améliorer l’équilibre de patients en phase chronique de récupération d’un AVC.
Note :
Un des ECR de haute qualité a observé une tendance vers une différence significative entre les groupes sur les mesures de l’équilibre à 8 semaines, immédiatement après une intervention d’exercices aérobiques, tendance qui a atteint une valeur significative au moment du suivi, 8 semaines plus tard. Deux autres ECR de haute qualité ont noté que les résultats au pré-test sur l’Échelle de l’équilibre de Berg étaient assez élevés, ce qui aurait pu conduire à un effet plafond (incapacité de détecter une amélioration supplémentaire chez les patients qui atteignaient déjà le haut de l’échelle).

FlexibilitéEfficace2a

Un ECR de qualité acceptable (Rimmer et al., 2000) a examiné les effets de l’exercice aérobique sur la flexibilité de patients (principalement des Afro-Américains) en phase chronique de récupération d’un AVC. Cet ECR de qualité acceptable avec un dispositif de type pré/post différé a assigné aléatoirement les patients à une phase d’intervention recevant un programme d’entraînement aérobique comprenant des exercices de force musculaire et de flexibilité de 12 semaines, ou à une phase témoin qui ne recevait aucune intervention. La mesure de la flexibilité a été prise à 12 semaines (après l’intervention du premier groupe) et à 24 semaines (après que le deuxième groupe ait complété son intervention différée). Une amélioration significative a été notée aux ischio-jambiers et sur la flexibilité du bas du dos (tels qu’évalués par le test de s’asseoir et d’atteindre) en faveur de la phase d’intervention aérobique comparée à la phase d’absence d’intervention. Aucune amélioration significative n’a été relevée sur la flexibilité de l’épaule du côté affecté ou non affecté en comparant les résultats avant et après l’intervention.

Conclusion : Il y a des données probantes limitées (niveau 2a) provenant d’un ECR de qualité acceptable indiquant qu’un programme d’exercices aérobiques améliore la flexibilité des ischio-jambiers et du bas du dos, mais n’améliore pas celle de l’épaule de patients en phase chronique de récupération d’un AVC.
Note :
Le programme d’exercices étant combiné à une composante axée sur la flexibilité, il demeure difficile de distinguer l’effet unique de l’exercice aérobique.

Fonction exécutiveInefficace1b

Un ECR de haute qualité (Quaney et al., 2009) et une étude à mesures répétées (Rand et al., 2010) ont examiné les effets de l’exercice aérobique sur la fonction exécutive de patients en phase chronique de récupération d’un AVC.

L’ECR de haute qualité (Quaney et al., 2009) a assigné aléatoirement des patients pour recevoir un programme d’entraînement progressif (de 45 minutes) sur vélo stationnaire durant 8 semaines ou un programme d’exercices d’étirement des membres inférieurs et supérieurs (de 45 minutes) durant 8 semaines (groupe témoin). La fonction exécutive a été mesurée à 8 semaines (après l’intervention) et lors d’un suivi (à 16 semaines) par le Wisconsin Card Sorting Task, le Stroop task et le Trail-Making task. Aucune différence significative entre les groupes n’a été notée, et ce à aucun des temps de mesure.

L’étude à mesures répétées (Rand et al., 2010) a assigné les patients pour recevoir un programme de 6 mois (2 séances par semaine) comprenant 2x 1 heure d’exercices d’étirement, d’équilibre et de tâches spécifiques, et 1 heure d’activités de loisir axées sur la fonction exécutive. La fonction exécutive des patients a été mesurée au départ de l’étude, à 3 mois et à 6 mois (après l’intervention), par le Stroop Test, le Verbal Digital Span Backward Test, le Trail Making Test (partie B), le Walking While Talking test (WWT), et le Rey Auditory Verbal Learning Test (RAVLT). En comparaison des résultats mesurés au départ de l’étude, une amélioration significative a été observée sur le Stroop Test, le WWT et le RAVLT à 3 mois, amélioration qui a conservé sa valeur significative lors de la mesure après l’intervention sur le Stroop Test.

Conclusion : Il y a des données probantes modérées (niveau 1b) provenant d’un ECR de haute qualité indiquant qu’un programme d’exercices aérobiques n’est pas plus efficace qu’une intervention témoin (ici, un programme d’exercices d’étirement des membres inférieurs et supérieurs) pour améliorer la fonction exécutive de patients en phase chronique de récupération d’un AVC.
Note :
Cependant, une étude à mesures répétées a noté que la participation à un programme d’exercices et d’activités de loisir axées sur la fonction exécutive peut améliorer la performance sur l’exécution d’une double tâche, l’inhibition de la réponse et la mémoire de patients en phase chronique de récupération d’un AVC.

Fonction sensorimotriceInefficace1b

Un ECR de haute qualité (Quaney et al., 2009), un ECR de qualité acceptable (Potempa et al., 1995) et une étude d’intervention non contrôlée (Kluding et al, 2011) ont examiné les effets de l’exercice aérobique sur la fonction sensorimotrice de patients en phase chronique de récupération d’un AVC.

L’ECR de haute qualité  (Quaney et al., 2009) a assigné aléatoirement des patients pour recevoir un programme d’entraînement progressif (de 45 minutes) sur vélo stationnaire durant 8 semaines ou un programme d’exercices d’étirement des membres inférieurs et supérieurs (de 45 minutes) durant 8 semaines (groupe témoin). La fonction sensorimotrice a été mesurée à 8 semaines (après l’intervention) et lors d’un suivi (à 16 semaines) par le Fugl-Meyer sensorimotor test. Immédiatement après l’intervention et au moment du suivi, aucune différence significative entre les groupes n’a été notée sur la mesure de la fonction sensorimotrice.

L’ECR de qualité acceptable (Potempa et al., 1995) a assigné aléatoirement des patients pour recevoir programme d’entraînement aérobique progressif sur vélo stationnaire d’une durée de 10 semaines ou un programme d’entraînement de l’amplitude articulaire passive de 10 semaines (groupe témoin). La fonction sensorimotrice a été mesurée immédiatement après l’intervention par le Fugl-Meyer Index. Aucune différence significative entre les groupes n’a été observée sur la mesure globale de la fonction sensorimotrice. Il convient cependant de noter qu’une corrélation positive a été relevée entre l’amélioration des capacités aérobiques (évaluées par le pic de VO2) et l’amélioration de la fonction sensorimotrice, ce qui Indique qu’un programme d’entraînement peut être bénéfique pour ceux qui peuvent s’entraîner à une intensité qui améliore la capacité aérobique.

L’étude de type pré/post (Kluding et al., 2011) a assigné des patients pour recevoir un programme d’exercices aérobiques et d’étirement de 12 semaines. La fonction motrice des patients a été mesurée au départ de l’étude et après l’intervention par le Fugl-Meyer test et le Stroke Impact Scale. Une amélioration significative de la fonction motrice a été observée entre les deux mesures.
Note : Cette étude n’ayant pas comparé un entraînement aérobique avec une intervention témoin non aérobique ne pourra être considéré pour déterminer un niveau d’évidence pour notre conclusion.

Conclusion : Il y a des données probantes modérées (niveau 1b) provenant d’un ECR de haute qualité et d’un ECR de qualité acceptable indiquant qu’un programme d’exercices aérobiques n’est pas plus efficace que des interventions témoins (ici, un programme d’exercices d’étirement des membres inférieurs et supérieurs ou un programme d’entraînement de l’amplitude articulaire passive) pour améliorer la fonction sensorimotrice de patients en phase chronique de récupération d’un AVC.

Force (Membre inférieur)Contradictoire4

Trois ECR de haute qualité (Chu et al., 2004Pang et al., 2005Lee et al., 2008), deux ECR de qualité acceptable (Rimmer et al., 2000Janssen et al., 2008), un essais quasi-expérimental non randomisé (Sunnerghagen, 2007) et une étude de mesures répétées (Rand et al., 2010) ont examiné les effets de l’exercice aérobique sur la force du membre inférieur de patients en phase chronique de récupération d’un AVC.

Le premier ECR de haute qualité (Chu et al., 2004) a assigné aléatoirement des patients pour recevoir un programme d’entraînement aérobique en piscine (niveau d’eau à la hauteur de la poitrine) durant 8 semaines ou un programme d’exercices des bras et des mains en demeurant assis (3 séances d’une heure par semaine) durant 8 semaines (groupe témoin). La force du membre inférieur a été mesurée immédiatement après l’intervention à l’aide d’un dynamomètre évaluant la force musculaire isocinétique des fléchisseurs et extenseurs. Une augmentation significative entre les groupes a été notée sur la force musculaire du côté parétique en faveur du groupe d’intervention comparé au groupe témoin. Cependant, aucune différence significative entre les groupes n’a été relevée du côté non parétique.

Le second ECR de haute qualité (Pang et al., 2005) a assigné aléatoirement des patients pour recevoir un programme de santé cardiorespiratoire de 19 semaines comprenant des exercices de mobilité, d’équilibre et de renforcement musculaire des jambes ou un programme d’exercices assis visant le renforcement des membres supérieurs de 19 semaines (groupe témoin). La force du membre inférieur a été mesurée immédiatement après l’intervention à l’aide d’un dynamomètre manuel évaluant l’extension isométrique du genou. Une augmentation significative entre les groupes a été notée sur la force musculaire des jambes en faveur du groupe d’intervention comparé au groupe témoin.

Le troisième ECR de haute qualité (Lee et al., 2008) a assigné aléatoirement des patients pour recevoir un cycle d’exercices aérobiques de 10 à 12 semaines ou un cycle aérobique simulé (groupe témoin). La force du membre inférieur a été mesurée immédiatement après l’intervention par la puissance pour monter un escalier et par la capacité des membres inférieurs pour lever un poids. Aucune amélioration significative entre les groupes n’a été notée.

Le premier ECR de qualité acceptable avec un dispositif de type pré/post différé (Rimmer et al., 2000) a assigné aléatoirement les patients (principalement des Afro-Américains) à une phase d’intervention recevant un programme d’entraînement aérobique comprenant des exercices de force musculaire et de flexibilité de 12 semaines, ou à une phase témoin qui ne recevait aucune intervention. La force du membre inférieur a été mesurée à 12 semaines (après l’intervention du premier groupe) et à 24 semaines (après que le deuxième groupe ait complété son intervention différée). Une augmentation significative entre les groupes a été notée au niveau de la quantité de poids que les patients ont été capables de soulever à l’aide des jambes sur un banc d’exercice (indiquant une amélioration de la force musculaire) en faveur de la phase d’intervention aérobique comparée à la phase d’absence d’intervention.

Le second ECR de qualité acceptable (Janssen et al., 2008)  a examiné l’efficacité de la stimulation électrique fonctionnelle (SEF) durant un entraînement des jambes sur vélo stationnaire pour améliorer la capacité aérobique, la puissance maximale, la force musculaire et la performance fonctionnelle de patients en phase chronique de récupération d’un AVC. Cet ECR de qualité acceptable a assigné aléatoirement les patients à un groupe d’intervention qui recevait une SEF suscitant une contraction musculaire ou à un groupe témoin recevant une SEF pouvant être ressentie mais qui ne suscitait pas de contractions musculaires. Pour les deux groupes, ces SEF étaient appliquées durant la pratique d’un entrainement sur vélo stationnaire. La force du membre inférieur a été mesurée à 6 semaines (après l’intervention) par un test de contractions maximum volontaires. Après l’intervention, aucune différence significative entre les groupes n’a été notée.
Note : Cette étude n’ayant pas comparé un entraînement aérobique avec une intervention témoin non aérobique ne pourra être considéré pour déterminer un niveau d’évidence pour notre conclusion.

L’essai quasi-expérimental non randomisé (Sunnerghagen, 2007) a examiné l’effet de la thérapie en circuit sur la force, la capacité aérobique, les activités et la participation dans la vie communautaire d’hommes (âgés de 40 à 68 ans) en phase chronique de récupération d’un AVC. Les patients ont été assignés à un groupe d’intervention qui recevait un entraînement de 45 minutes, 3 fois par semaine durant 8 semaines, qui comprenait des exercices de renforcement musculaire, de l’endurance et de la capacité aérobique ou à un groupe témoin qui ne recevait aucune intervention. La force du membre inférieur a été mesurée au départ de l’étude et immédiatement après l’intervention à l’aide d’un dynamomètre évaluant l’extension et la flexion isométrique du genou. Une amélioration significative a été notée entre les deux mesures sur la force musculaire de la jambe côté parétique (mais pas du côté non parétique).
Note : L’essai quasi-expérimental non randomisé n’ayant pas documenté les différences significatives entre les groupes ne pourra être considéré pour déterminer un niveau d’évidence pour notre conclusion.

L’étude à mesures répétées (Rand et al., 2010) a assigné les patients pour recevoir un programme d’exercices et d’activités de loisir de 6 mois (2 séances par semaine) comprenant 2x 1 heure d’exercices (entre autres d’exercices de force musculaire isométrique du genou) et 1 heure d’activités de loisir. La force du membre inférieur a été mesurée au départ de l’étude, à 3 mois et à 6 mois (après l’intervention) à l’aide d’un dynamomètre. Comparativement aux résultats obtenus au départ de l’étude, une amélioration significative a été observée sur la force musculaire à 3 mois et une tendance à l’amélioration a été notée à 6 mois (après l’intervention).
Note : Cette étude ne précisait pas si la force musculaire était mesurée du côté parétique seulement ou sur les côtés parétiques et non parétiques.

Conclusion : Il y a des données contradictoires (niveau 4) au sujet de l’efficacité de l’exercice aérobique sur la force du membre inférieur de patients en phase chronique de récupération d’un AVC. Tandis que deux ECR de haute qualité et un ECR de qualité acceptable indiquent que l’exercice aérobique améliore la force musculaire du membre inférieur des patients, un troisième ECR de haute qualité n’indiquent aucune amélioration sur la force musculaire suivant une intervention d’exercices aérobiques.
Note : Les deux ECR de haute qualité et l’ECR de qualité acceptable qui ont noté des résultats positifs incluaient une composante d’entraînement de force musculaire dans leur intervention.

Force (Membre supérieur)Efficace2a

Un ECR de qualité acceptable avec un dispositif de type pré/post différé (Rimmer et al., 2000) a examiné les effets de l’exercice aérobique sur la force du membre supérieur principalement chez des patients Afro-Américains en phase chronique de récupération d’un AVC. Cet ECR de qualité acceptable a assigné aléatoirement les patients à une phase d’intervention recevant un programme d’entraînement aérobique comprenant des exercices de force musculaire et de flexibilité de 12 semaines, ou à une phase témoin qui ne recevait aucune intervention. La force du membre inférieur a été mesurée à 12 semaines (après l’intervention du premier groupe) et à 24 semaines (après que le deuxième groupe ait complété son intervention différée). Une augmentation significative entre les groupes a été notée au niveau de la quantité de poids que les patients ont été capables de soulever sur un banc d’exercice (indiquant une amélioration de la force musculaire) en faveur de la phase d’intervention aérobique comparée à la phase d’absence d’intervention. Aucune différence significative entre les groupes n’a été relevée sur la force de préhension de la main tant du côté affecté que non affecté.

Conclusion : Il y a des données probantes limitées (niveau 2a) provenant d’un ECR de qualité acceptable indiquant qu’une phase d’un programme d’exercices aérobiques est plus efficace qu’une phase sans intervention pour améliorer la force du membre supérieur (mais pas la force de préhension de la main) de patients en phase chronique de récupération d’un AVC.

Fréquence cardiaque au reposInefficace2a

Une ECR de qualité acceptable (Potempa et al., 1995) a examiné les effets de l’exercice aérobique sur la fréquence cardiaque au repos de patients en phase chronique de récupération d’un AVC. Cet ECR de qualité acceptable a assigné aléatoirement des patients pour recevoir un programme d’entraînement aérobique progressif sur vélo stationnaire d’une durée de 10 semaines ou un programme d’entraînement de l’amplitude articulaire passive de 10 semaines (groupe témoin). Après l’intervention, aucune différence significative entre les groupes n’a été notée sur la fréquence cardiaque au repos.

Conclusion : Il y a des données probantes limitées (niveau 2a) provenant d’un ECR de qualité acceptable indiquant qu’un programme d’exercices aérobiques n’est pas plus efficace qu’une intervention témoin (ici, un programme d’entraînement de l’amplitude articulaire passive) pour améliorer la fréquence cardiaque au repos de patients en phase chronique de récupération d’un AVC.

Incapacité liée à la mobilitéInefficace2a

Une ECR de qualité acceptable (Macko et al., 2005) a examiné les effets de l’exercice aérobique sur l’incapacité liée à la mobilité corporelle de patients en phase chronique de récupération d’un AVC. Cet ECR de qualité acceptable a assigné aléatoirement des patients pour recevoir un programme d’entraînement progressif de 6 mois sur tapis roulant ciblant une durée de 35 minutes à 60-70% de la réserve de fréquence cardiaque, ou un programme d’étirement combiné à un entraînement de 5 minutes à faible intensité sur tapis roulant ciblant 30 à 40% de la réserve de fréquence cardiaque (groupe témoin). Après l’intervention, aucune différence significative entre les groupes n’a été notée sur les mesures du Rivermead Mobility Index, indiquant ainsi aucun effet sur l’incapacité liée à la mobilité corporelle.

Conclusion : Il y a des données probantes limitées (niveau 2a) provenant d’un ECR de qualité acceptable indiquant qu’un programme d’exercices aérobiques n’est pas plus efficace qu’une intervention témoin pour améliorer l’incapacité liée à la mobilité corporelle de patients en phase chronique de récupération d’un AVC.

MémoireÉvidence insuffisante5

Une étude de type pré/post (Kluding et al., 2011) a examiné les effets de l’exercice aérobique sur la mémoire de patients en phase chronique de récupération d’un AVC. Cette étude de type pré/post a assigné des patients pour recevoir un programme d’exercices aérobiques et d’étirement de 12 semaines. L’évaluation de la mémoire a été effectuée au départ de l’étude et après l’intervention ; le travail de la mémoire par le Digit Span Backwards task et l’auto-évaluation de la mémoire par la sous-échelle Composante de la mémoire du Stroke Impact Scale. Une amélioration significative a été notée entre les deux mesures du travail de la mémoire mais aucune sur l’auto-évaluation de la mémoire.
Note : Cette étude n’ayant pas comparé un entraînement aérobique avec une intervention témoin ne pourra être considéré pour déterminer un niveau d’évidence pour notre conclusion.

Conclusion : Il y a des données probantes insuffisantes (niveau 5) au sujet de l’efficacité de l’exercice aérobique sur la mémoire de patients en phase chronique de récupération d’un AVC. Cependant, une étude de type pré/post a noté une amélioration significative sur une mesure du travail de la mémoire suivant un programme d’exercices aérobiques et d’étirement.

MobilitéÉvidence insuffisante5

Une étude de type pré/post (Kluding et al., 2011) a examiné les effets de l’exercice aérobique sur la mobilité de patients en phase chronique de récupération d’un AVC. Cette étude de type pré/post a assigné des patients pour recevoir un programme d’exercices aérobiques et d’étirement de 12 semaines. La mobilité des patients a été mesurée au départ de l’étude et après l’intervention par la sous-échelle Mobilité du Stroke Impact Scale. Une forte tendance à l’amélioration a été notée entre les deux mesures de la mobilité.
Note : Cette étude n’ayant pas comparé un entraînement aérobique avec une intervention témoin ne pourra être considéré pour déterminer un niveau d’évidence pour notre conclusion.

Conclusion : Il y a des données probantes insuffisantes (niveau 5) au sujet de l’efficacité de l’exercice aérobique sur la mobilité de patients en phase chronique de récupération d’un AVC. Cependant, une étude de type pré/post a noté une forte tendance à l’amélioration de la mobilité suivant un programme d’exercices aérobiques et d’étirement.

Montée d’escaliersInefficace2a

Une ECR de qualité acceptable (Macko et al., 2005) a examiné les effets de l’exercice aérobique sur la montée d’escaliers de patients en phase chronique de récupération d’un AVC. Cet ECR de qualité acceptable a assigné aléatoirement des patients pour recevoir un programme d’entraînement progressif de 6 mois sur tapis roulant ciblant une durée de 35 minutes à 60-70% de la réserve de fréquence cardiaque, ou un programme d’étirement combiné à un entraînement de 5 minutes à faible intensité sur tapis roulant ciblant 30 à 40% de la réserve de fréquence cardiaque (groupe témoin). La montée d’escaliers a été évaluée au départ de l’étude, à 3 mois et à 6 mois (après l’intervention) par la sous-échelle Montée d’escaliers du Walking Impairment Questionnaire. Aucune différence significative entre les groupes n’a été notée.

Conclusion : Il y a des données probantes limitées (niveau 2a) provenant d’un ECR de qualité acceptable indiquant qu’un programme d’exercices aérobiques n’est pas plus efficace qu’une intervention témoin pour améliorer la montée d’escaliers de patients en phase chronique de récupération d’un AVC.

Pic de charge de travailEfficace1a

Deux ECR de haute qualité (Chu et al., 2004 et Lee et al., 2008), trois ECR de qualité acceptable (Potempa et al., 1995Rimmer et al., 2000 et Janssen et al., 2008), un essai quasi-expérimental non randomisé (Sunnerghagen, 2007) et une étude d’intervention non contrôlée (Macko et al., 2001) ont examiné les effets de l’exercice aérobique sur le pic de charge de travail de patients en phase chronique de récupération d’un AVC.

Le premier ECR de haute qualité (Chu et al., 2004) a assigné aléatoirement des patients pour recevoir un programme d’entraînement aérobique en piscine (niveau d’eau à la hauteur de la poitrine) durant 8 semaines ou un programme d’exercices des bras et des mains en demeurant assis (3 séances d’une heure par semaine) durant 8 semaines (groupe témoin). Le pic de charge de travail a été mesuré immédiatement après l’intervention lors d’un test d’effort maximal sur un vélo ergomètre. Une augmentation significative entre les groupes a été notée (indiquant une amélioration des capacités aérobiques) en faveur du groupe d’intervention comparé au groupe témoin.

Le second ECR de haute qualité (Lee et al., 2008) a assigné aléatoirement des patients pour recevoir un cycle d’exercices aérobiques de 10 à 12 semaines ou un cycle aérobique simulé (groupe témoin). Le pic de charge de travail a été mesuré immédiatement après l’intervention lors d’un test d’effort maximal sur un vélo ergomètre. Une amélioration significative entre les groupes a été notée en faveur du groupe d’intervention comparé au groupe témoin.

Le premier ECR de qualité acceptable (Potempa et al., 1995) a assigné aléatoirement des patients pour recevoir programme d’entraînement aérobique progressif sur vélo stationnaire d’une durée de 10 semaines ou un programme d’entraînement de l’amplitude articulaire passive de 10 semaines (groupe témoin). Le pic de charge de travail a été mesuré immédiatement après l’intervention lors d’un test d’effort maximal sur un vélo ergomètre. Une augmentation significative entre les groupes a été notée (indiquant une amélioration des capacités aérobiques) en faveur du groupe d’intervention comparé au groupe témoin.

Le second ECR de qualité acceptable avec un dispositif de type pré/post différé (Rimmer et al., 2000) a assigné aléatoirement les patients (principalement des Afro-Américains) à une phase d’intervention recevant un programme d’entraînement aérobique comprenant des exercices de force musculaire et de flexibilité de 12 semaines, ou à une phase témoin qui ne recevait aucune intervention. Le pic de charge de travail a été mesuré à 12 semaines (après l’intervention du premier groupe) et à 24 semaines (après que le deuxième groupe ait complété son intervention différée) lors d’un test d’effort maximal sur un vélo ergomètre. Une augmentation significative entre les groupes a été notée (indiquant une amélioration des capacités aérobiques) en faveur de la phase d’intervention aérobique comparée à la phase d’absence d’intervention.

Le troisième ECR de qualité acceptable (Janssen et al., 2008)  a examiné l’efficacité de la stimulation électrique fonctionnelle (SEF) durant un entraînement des jambes sur vélo stationnaire pour améliorer la capacité aérobique, la puissance maximale, la force musculaire et la performance fonctionnelle de patients en phase chronique de récupération d’un AVC. Cet ECR de qualité acceptable a assigné aléatoirement les patients à un groupe d’intervention qui recevait une SEF suscitant une contraction musculaire ou à un groupe témoin recevant une SEF pouvant être ressentie mais qui ne suscitait pas de contractions musculaires. Pour les deux groupes, ces SEF étaient appliquées durant la pratique d’un entrainement sur vélo stationnaire. Le pic de charge de travail des patients a été mesuré à 6 semaines (après l’intervention) lors d’un test d’effort maximal sur un vélo ergomètre. Après l’intervention, aucune différence significative entre les groupes n’a été notée.
Note : Cette étude n’ayant pas comparé un entraînement aérobique avec une intervention témoin non aérobique ne pourra être considéré pour déterminer un niveau d’évidence pour notre conclusion.

L’essai quasi-expérimental non randomisé (Sunnerghagen, 2007) a examiné l’effet de la thérapie en circuit sur la force, la capacité aérobique, les activités et la participation dans la vie communautaire d’hommes (âgés de 40 à 68 ans) en phase chronique de récupération d’un AVC. Les patients ont été assignés à un groupe d’intervention qui recevait un entraînement de 45 minutes, 3 fois par semaine durant 8 semaines, qui comprenait des exercices de renforcement musculaire, de l’endurance et de la capacité aérobique ou à un groupe témoin qui ne recevait aucune intervention. Après l’intervention, aucune différence significative n’a été notée sur le pic de charge de travail.
Note : L’essai quasi-expérimental non randomisé n’ayant pas documenté les différences significatives entre les groupes ne pourra être considéré pour déterminer un niveau d’évidence pour notre conclusion.

L’étude d’intervention non contrôlée (Macko et al., 2001) a assigné vingt-trois patients pour recevoir un programme d’entraînement progressif de 6 mois sur tapis roulant ciblant une durée de 40 minutes à 60-70% de la réserve de fréquence cardiaque. Le pic de charge de travail a été mesuré à 3 mois et à 6 mois (immédiatement après l’intervention) lors d’un test d’effort sur tapis roulant. Une amélioration significative a été notée indiquant une amélioration des capacités aérobiques.

Conclusion : Il y a de fortes données probantes (niveau 1a) provenant de deux ECR de haute qualité et de deux ECR de qualité acceptable et d’une étude d’intervention non contrôlée indiquant qu’un programme d’exercices aérobiques est plus efficace que des interventions témoins (ici, un programme d’exercices des bras et des mains en demeurant assis ; un cycle aérobique simulé ou un programme d’entraînement de l’amplitude articulaire passive) ou qu’aucune intervention pour améliorer le pic de charge de travail (démontrant une amélioration des capacités aérobiques) de patients en phase chronique de récupération d’un AVC.

Pic de fréquence cardiaqueInefficace1b

Un ECR de haute qualité (Lee et al., 2008), un ECR de qualité acceptable (Potempa et al., 1995) et un essai quasi-expérimental non randomisé (Sunnerghagen, 2007) ont examiné les effets de l’exercice aérobique sur le pic de fréquence cardiaque de patients en phase chronique de récupération d’un AVC.

L’ECR de haute qualité (Lee et al., 2008) a assigné aléatoirement des patients pour recevoir un cycle d’exercices aérobiques de 10 à 12 semaines ou un cycle aérobique simulé (groupe témoin). Le pic de fréquence cardiaque a été mesuré immédiatement après l’intervention lors d’un test d’effort maximal sur un vélo ergomètre. Aucune différence significative entre les groupes n’a été notée.
Note : Cependant, une tendance significative a été observée (p=,07) mais la petite taille de l’échantillon est probablement responsable du résultat négatif.

L’ECR de qualité acceptable (Potempa et al., 1995) a assigné aléatoirement des patients pour recevoir programme d’entraînement aérobique progressif sur vélo stationnaire d’une durée de 10 semaines ou un programme d’entraînement de l’amplitude articulaire passive de 10 semaines (groupe témoin). Le pic de fréquence cardiaque a été mesuré immédiatement après l’intervention lors d’un test d’effort maximal sur un vélo ergomètre. Aucune différence significative entre les groupes n’a été notée.

L’essai quasi-expérimental non randomisé (Sunnerghagen, 2007) a examiné l’effet de la thérapie en circuit sur la force, la capacité aérobique, les activités et la participation dans la vie communautaire d’hommes (âgés de 40 à 68 ans) en phase chronique de récupération d’un AVC. Les patients ont été assignés à un groupe d’intervention qui recevait un entraînement de 45 minutes, 3 fois par semaine durant 8 semaines, qui comprenait des exercices de renforcement musculaire, de l’endurance et de la capacité aérobique ou à un groupe témoin qui ne recevait aucune intervention. Après l’intervention, aucune différence significative n’a été notée sur le pic de fréquence cardiaque tel que mesuré lors d’un test d’effort maximal sur un vélo ergomètre électrique.
Note : L’essai quasi-expérimental non randomisé n’ayant pas documenté les différences significatives entre les groupes ne pourra être considéré pour déterminer un niveau d’évidence pour notre conclusion.

Conclusion : Il y a des données probantes modérées (niveau 1b) provenant d’un ECR de haute qualité et d’un ECR de qualité acceptable indiquant qu’un programme d’exercices aérobiques n’est pas plus efficace que des interventions témoins (ici, un cycle aérobique simulé ou un programme d’entraînement de l’amplitude articulaire passive) pour améliorer le pic de fréquence cardiaque de patients en phase chronique de récupération d’un AVC.

Pic de VO2Efficace1a

Quatre ECR de haute qualité (Chu et al., 2004Pang et al., 2005Lee et al., 2008 et Quaney et al., 2009), cinq ECR de qualité acceptable (Potempa et al., 1995Rimmer et al., 2000Macko et al., 2005Janssen et al., 2008 et Luft et al., 2008), deux essais quasi-expérimentaux non randomisés (Sunnerghagen, 2007, et Rimmer et al., 2009) et deux études d’intervention non contrôlée (Macko et al., 2001, et Kluding et al, 2011) ont examiné les effets de l’exercice aérobique sur le pic de VO2 de patients en phase chronique de récupération d’un AVC.

Le premier ECR de haute qualité (Chu et al., 2004) a assigné aléatoirement des patients pour recevoir un programme d’entraînement aérobique en piscine (niveau d’eau à la hauteur de la poitrine) durant 8 semaines ou un programme d’exercices des bras et des mains en demeurant assis (3 séances d’une heure par semaine) durant 8 semaines (groupe témoin). Le pic de VO2 a été mesuré immédiatement après l’intervention lors d’un test d’effort maximal sur un vélo ergomètre. Une augmentation significative entre les groupes a été notée (indiquant une amélioration des capacités aérobiques) en faveur du groupe d’intervention comparé au groupe témoin.

Le second ECR de haute qualité (Pang et al., 2005) a assigné aléatoirement des patients pour recevoir un programme de santé cardiorespiratoire de 19 semaines comprenant des exercices de mobilité, d’équilibre et de renforcement musculaire des jambes ou un programme d’exercices assis visant le renforcement des membres supérieurs de 19 semaines (groupe témoin). Le pic de VO2 a été mesuré immédiatement après l’intervention lors d’un test d’effort maximal sur un vélo ergomètre. Une augmentation significative entre les groupes a été notée (indiquant une amélioration des capacités aérobiques) en faveur du groupe d’intervention comparé au groupe témoin.

Le troisième ECR de haute qualité (Lee et al., 2008) a assigné aléatoirement des patients pour recevoir un cycle d’exercices aérobiques de 10 à 12 semaines ou un cycle aérobique simulé (groupe témoin). Le pic de VO2 a été mesuré immédiatement après l’intervention lors d’un test d’effort maximal sur un vélo ergomètre. Une amélioration significative entre les groupes a été notée en faveur du groupe d’intervention comparé au groupe témoin.

Le quatrième ECR de haute qualité (Quaney et al., 2009) a assigné aléatoirement des patients pour recevoir un programme d’entraînement progressif (de 45 minutes) sur vélo stationnaire durant 8 semaines ou un programme d’exercices d’étirement des membres inférieurs et supérieurs (de 45 minutes) durant 8 semaines (groupe témoin). Le pic de VO2 a été mesuré à 8 semaines (après l’intervention) et lors d’un suivi (à 16 semaines) lors d’un test d’effort métabolique. Immédiatement après l’intervention, une différence significative entre les groupes a été notée sur les mesures de VO2 en faveur du groupe d’intervention comparé au groupe témoin, mais cette différence n’a pas conservé sa valeur significative au moment du suivi, 8 semaines plus tard.

Le premier ECR de qualité acceptable (Potempa et al., 1995) a assigné aléatoirement des patients pour recevoir programme d’entraînement aérobique progressif sur vélo stationnaire d’une durée de 10 semaines ou un programme d’entraînement de l’amplitude articulaire passive de 10 semaines (groupe témoin). Le pic de VO2 a été mesuré immédiatement après l’intervention lors d’un test d’effort maximal sur un vélo ergomètre. Une augmentation significative entre les groupes a été notée (indiquant une amélioration des capacités aérobiques) en faveur du groupe d’intervention comparé au groupe témoin.

Le second ECR de qualité acceptable avec un dispositif de type pré/post différé (Rimmer et al., 2000) a assigné aléatoirement les patients (principalement des Afro-Américains) à une phase d’intervention recevant un programme d’entraînement aérobique comprenant des exercices de force musculaire et de flexibilité de 12 semaines, ou à une phase témoin qui ne recevait aucune intervention. Le pic de VO2 a été mesuré à 12 semaines (après l’intervention du premier groupe) et à 24 semaines (après que le deuxième groupe ait complété son intervention différée) lors d’un test d’effort maximal sur un vélo ergomètre. Une augmentation significative entre les groupes a été notée (indiquant une amélioration des capacités aérobiques) en faveur de la phase d’intervention aérobique comparée à la phase d’absence d’intervention.

Le troisième ECR de qualité acceptable (Macko et al., 2005) a assigné aléatoirement des patients pour recevoir un programme d’entraînement progressif de 6 mois sur tapis roulant ciblant une durée de 35 minutes à 60-70% de la réserve de fréquence cardiaque, ou un programme d’étirement combiné à un entraînement de 5 minutes à faible intensité sur tapis roulant ciblant 30 à 40% de la réserve de fréquence cardiaque (groupe témoin). Le pic de VO2 a été mesuré immédiatement après l’intervention lors d’un test d’effort sur tapis roulant. Une augmentation significative entre les groupes a été notée (indiquant une amélioration des capacités aérobiques) en faveur du groupe d’intervention comparé au groupe témoin.

Le quatrième ECR de qualité acceptable (Janssen et al., 2008)  a examiné l’efficacité de la stimulation électrique fonctionnelle (SEF) durant un entraînement des jambes sur vélo stationnaire pour améliorer la capacité aérobique, la puissance maximale, la force musculaire et la performance fonctionnelle de patients en phase chronique de récupération d’un AVC. Cet ECR de qualité acceptable a assigné aléatoirement les patients à un groupe d’intervention qui recevait une SEF suscitant une contraction musculaire ou à un groupe témoin recevant une SEF pouvant être ressentie mais qui ne suscitait pas de contractions musculaires. Pour les deux groupes, ces SEF étaient appliquées durant la pratique d’un entrainement sur vélo stationnaire. Le pic de VO2 des patients a été mesuré à 6 semaines (après l’intervention) lors d’un test d’effort maximal sur un vélo ergomètre. Après l’intervention, aucune différence significative entre les groupes n’a été notée.
Note : Cette étude n’ayant pas comparé un entraînement aérobique avec une intervention témoin non aérobique ne pourra être considéré pour déterminer un niveau d’évidence pour notre conclusion.

Le cinquième ECR de qualité acceptable (Luft et al., 2008) a assigné aléatoirement des patients pour recevoir un programme d’entraînement progressif de tâches répétées de 6 mois sur tapis roulant ciblant une durée de 40 minutes à 40-60% de la réserve de fréquence cardiaque, ou un programme d’étirement de même durée assisté par un thérapeute (groupe témoin). Le pic de VO2 des patients a été mesuré au départ de l’étude, à 3 mois et à 6 mois (après l’intervention). Une amélioration significative entre les groupes a été notée sur le pic d’effort de VO2 sur du tapis roulant en faveur du groupe d’intervention comparé au groupe témoin.

Le premier essai quasi-expérimental non randomisé (Sunnerghagen, 2007) a examiné l’effet de la thérapie en circuit sur la force, la capacité aérobique, les activités et la participation dans la vie communautaire d’hommes (âgés de 40 à 68 ans) en phase chronique de récupération d’un AVC. Les patients ont été assignés à un groupe d’intervention qui recevait un entraînement de 45 minutes, 3 fois par semaine durant 8 semaines, qui comprenait des exercices de renforcement musculaire, de l’endurance et de la capacité aérobique ou à un groupe témoin qui ne recevait aucune intervention. Après l’intervention, aucune différence significative n’a été notée sur le pic de VO2.
Note : L’essai quasi-expérimental non randomisé n’ayant pas documenté les différences significatives entre les groupes ne pourra être considéré pour déterminer un niveau d’évidence pour notre conclusion.

L’étude quasi-expérimentale (Rimmer et al., 2009) a assigné des patients pour recevoir un programme d’exercices d’intensité modérée de courte durée (30 minutes, 3 fois par semaine, durant 14 semaines) ; un programme d’exercices de faible intensité d’une plus longue durée (plus de 60 minutes, 3 fois par semaine, durant 14 semaines) ou ; le programme thérapeutique habituel composé principalement d’exercices de force, d’équilibre et d’amplitude articulaire (3 fois par semaine, durant 14 semaines). Le pic de VO2 a été mesuré à 14 semaines (après l’intervention). Aucune différence significative entre les groupes n’a été notée.

L’étude d’intervention non contrôlée (Macko et al., 2001) a assigné vingt-trois patients pour recevoir un programme d’entraînement progressif de 6 mois sur tapis roulant ciblant une durée de 40 minutes à 60-70% de la réserve de fréquence cardiaque. Le pic de VO2 a été mesuré à 3 mois et à 6 mois (immédiatement après l’intervention) lors d’un test d’effort sur tapis roulant. Une amélioration significative a été notée indiquant une amélioration des capacités aérobiques.

L’étude de type pré/post (Kluding et al., 2011) a assigné des patients pour recevoir un programme d’exercices aérobiques et d’étirement de 12 semaines. Le pic de VO2 des patients a été mesuré au départ de l’étude et après l’intervention. Une forte tendance à l’amélioration a été observée entre les deux mesures.
Note : Cette étude n’ayant pas comparé un entraînement aérobique avec une intervention témoin non aérobique ne pourra être considéré pour déterminer un niveau d’évidence pour notre conclusion.

Conclusion : Il y a de fortes données probantes (niveau 1a) provenant de quatre ECR de haute qualité et de quatre ECR de qualité acceptable indiquant qu’un programme d’exercices aérobiques est plus efficace que des interventions témoins (ici, un programme d’exercices des bras et des mains en demeurant assis ; un programme d’exercices assis visant le renforcement des membres supérieurs ; un cycle aérobique simulé ; un programme d’exercices d’étirement des membres inférieurs et supérieurs ; un programme d’entraînement de l’amplitude articulaire passive ; un programme d’étirement combiné à un entraînement à faible intensité sur tapis roulant ; un programme d’étirement assisté par un thérapeute) ou qu’aucune intervention pour améliorer le pic de VO2 (démontrant une amélioration des capacités aérobiques) de patients en phase chronique de récupération d’un AVC.

Pic du volume de l'expiration totaleEfficace2a

Un ECR de qualité acceptable (Potempa et al., 1995) a examiné les effets de l’exercice aérobique sur le volume de l’expiration (VE) de patients en phase chronique de récupération d’un AVC. Cet ECR de qualité acceptable a assigné aléatoirement des patients pour recevoir un programme d’entraînement aérobique progressif sur vélo stationnaire d’une durée de 10 semaines ou un programme d’entraînement de l’amplitude articulaire passive de 10 semaines (groupe témoin). Après l’intervention, une différence significative entre les groupes a été notée sur le pic de VE totale en faveur du groupe d’intervention comparé au groupe témoin.

Conclusion : Il y a des données probantes limitées (niveau 2a) provenant d’un ECR de qualité acceptable indiquant qu’un programme d’exercices aérobiques est plus efficace qu’une intervention témoin (ici, un programme d’entraînement de l’amplitude articulaire passive) pour améliorer le pic de VE totale de patients en phase chronique de récupération d’un AVC.

Pression artérielleEfficace2a

Une ECR de qualité acceptable (Potempa et al., 1995) et une étude quasi-expérimentale (Rimmer et al., 2009) ont examiné les effets de l’exercice aérobique sur la pression artérielle de patients en phase chronique de récupération d’un AVC.

L’ECR de qualité acceptable (Potempa et al., 1995) a assigné aléatoirement des patients pour recevoir un programme d’entraînement aérobique progressif sur vélo stationnaire d’une durée de 10 semaines ou un programme d’entraînement de l’amplitude articulaire passive de 10 semaines (groupe témoin). Après l’intervention, bien qu’aucune différence significative entre les différences n’ait été observée sur la fréquence cardiaque au repos et la pression artérielle sous maximale, une différence significative entre les groupes a été notée sur la pression artérielle systolique sous-maximale en faveur d’un sous-groupe de patients du groupe d’intervention capables d’atteindre un pic de charge de travail maximal d’au moins 40 watts.

L’étude quasi-expérimentale (Rimmer et al., 2009) a assigné des patients pour recevoir un programme d’exercices d’intensité modérée de courte durée (30 minutes, 3 fois par semaine, durant 14 semaines) ; un programme d’exercices de faible intensité d’une plus longue durée (plus de 60 minutes, 3 fois par semaine, durant 14 semaines) ou ; le programme thérapeutique habituel composé principalement d’exercices de force, d’équilibre et d’amplitude articulaire (3 fois par semaine, durant 14 semaines). La pression artérielle a été mesurée à 14 semaines (après l’intervention). Une amélioration significative entre les groupes a été notée sur la pression artérielle diastolique en faveur du groupe de programme d’exercices d’intensité modérée de courte durée comparé au groupe de programme thérapeutique habituel (mais pas entre le groupe de programme d’exercices de faible intensité de plus longue durée comparé au groupe de programme thérapeutique habituel).

Conclusion : Il y a des données probantes limitées (niveau 2a) provenant d’un ECR de qualité acceptable indiquant qu’un programme d’exercices aérobiques atteignant un pic de charge de travail maximal d’au moins 40 watts améliore la pression artérielle systolique de patients en phase chronique de récupération d’un AVC. Cependant, aucun effet n’a été relevé sur la fréquence cardiaque au repos et la pression artérielle sous maximale. De plus, une étude quasi-expérimentale a noté qu’un programme d’exercices aérobiques (d’intensité modérée et de courte durée) est plus efficace que le programme thérapeutique habituel pour améliorer la pression artérielle des patients.

Production de dioxyde de carboneEfficace2a

Une ECR de qualité acceptable (Potempa et al., 1995) a examiné les effets de l’exercice aérobique sur la production de dioxyde de carbone de patients en phase chronique de récupération d’un AVC. Cet ECR de qualité acceptable a assigné aléatoirement des patients pour recevoir un programme d’entraînement aérobique progressif sur vélo stationnaire d’une durée de 10 semaines ou un programme d’entraînement de l’amplitude articulaire passive de 10 semaines (groupe témoin). Après l’intervention, une différence significative entre les groupes a été notée sur le pic de VCO2 en faveur du groupe d’intervention comparé au groupe témoin.

Conclusion : Il y a des données probantes limitées (niveau 2a) provenant d’un ECR de qualité acceptable indiquant qu’un programme d’exercices aérobiques est plus efficace qu’une intervention témoin (ici, un programme d’entraînement de l’amplitude articulaire passive) pour améliorer le pic de VCO2 de patients en phase chronique de récupération d’un AVC.

Qualité de vieInefficace1b

Un ECR de haute qualité (Lee et al., 2008) a examiné les effets de l’exercice aérobique sur la qualité de vie de patients en phase chronique de récupération d’un AVC. Cet ECR de haute qualité a assigné aléatoirement des patients pour recevoir un cycle d’exercices aérobiques de 10 à 12 semaines ou un cycle aérobique simulé (groupe témoin). La qualité de vie a été mesurée immédiatement après l’intervention par le Medical Outcomes Short Form (36 items). Aucune amélioration significative entre les groupes n’a été notée.

Conclusion : Il y a des données probantes modérées (niveau 1b) provenant d’un ECR de haute qualité indiquant qu’un programme d’exercices aérobiques n’est pas plus efficace qu’une intervention témoin (ici, un cycle aérobique simulé) pour améliorer la qualité de vie de patients en phase chronique de récupération d’un AVC.

Ratio d’échange respiratoireInefficace1b

Un ECR de haute qualité (Pang et al., 2005), un ECR de qualité acceptable (Potempa et al., 1995) et un essai quasi-expérimental non randomisé (Sunnerghagen, 2007) ont examiné les effets de l’exercice aérobique sur le ratio d’échange respiratoire de patients en phase chronique de récupération d’un AVC.

L’ECR de haute qualité (Pang et al., 2005) a assigné aléatoirement des patients pour recevoir un programme de santé cardiorespiratoire de 19 semaines comprenant des exercices de mobilité, d’équilibre et de renforcement musculaire des jambes ou un programme d’exercices assis visant le renforcement des membres supérieurs de 19 semaines (groupe témoin). Le ratio d’échange respiratoire a été mesuré immédiatement après. Aucune différence significative entre les groupes n’a été notée.

L’ECR de qualité acceptable (Potempa et al., 1995) a assigné aléatoirement des patients pour recevoir programme d’entraînement aérobique progressif sur vélo stationnaire d’une durée de 10 semaines ou un programme d’entraînement de l’amplitude articulaire passive de 10 semaines (groupe témoin). Le ratio d’échange respiratoire a été mesuré immédiatement après l’intervention. Aucune différence significative entre les groupes n’a été notée.

L’essai quasi-expérimental non randomisé (Sunnerghagen, 2007) a examiné l’effet de la thérapie en circuit sur la force, la capacité aérobique, les activités et la participation dans la vie communautaire d’hommes (âgés de 40 à 68 ans) en phase chronique de récupération d’un AVC. Les patients ont été assignés à un groupe d’intervention qui recevait un entraînement de 45 minutes, 3 fois par semaine durant 8 semaines, qui comprenait des exercices de renforcement musculaire, de l’endurance et de la capacité aérobique ou à un groupe témoin qui ne recevait aucune intervention. Après l’intervention, aucune différence significative n’a été notée sur le ratio d’échange respiratoire.
Note : L’essai quasi-expérimental non randomisé n’ayant pas documenté les différences significatives entre les groupes ne pourra être considéré pour déterminer un niveau d’évidence pour notre conclusion.

Conclusion : Il y a des données probantes modérées (niveau 1b) provenant d’un ECR de haute qualité et d’un ECR de qualité acceptable indiquant qu’un programme d’exercices aérobiques n’est pas plus efficace que des interventions témoins (ici, un programme d’exercices des bras et des mains en demeurant assis ou un programme d’entraînement de l’amplitude articulaire passive) pour améliorer le ratio d’échange respiratoire de patients en phase chronique de récupération d’un AVC.

Vitesse de marcheContradictoire4

Deux ECR de haute qualité (Chu et al., 2004Lee et al., 2008), deux ECR de qualité acceptable (Macko et al., 2005Luft et al., 2008) et deux études d’intervention non contrôlée (Rand et al., 2010Kluding et al., 2011) ont examiné les effets de l’exercice aérobique sur la vitesse de marche de patients en phase chronique de récupération d’un AVC.

Le premier ECR de haute qualité (Chu et al., 2004) a assigné aléatoirement des patients pour recevoir un programme d’entraînement aérobique en piscine (niveau d’eau à la hauteur de la poitrine) durant 8 semaines ou un programme d’exercices des bras et des mains en demeurant assis (3 séances d’une heure par semaine) durant 8 semaines (groupe témoin). La vitesse de marche a été mesurée immédiatement après l’intervention par un test de vitesse de marche au choix du patient sur 8 mètres. Une augmentation significative de la vitesse de marche a été notée en faveur du groupe d’intervention comparé au groupe témoin.

Le second ECR de haute qualité (Lee et al., 2008) a assigné aléatoirement des patients pour recevoir un cycle d’exercices aérobiques de 10 à 12 semaines ou un cycle aérobique simulé (groupe témoin). La vitesse de marche a été mesurée immédiatement après l’intervention, aucune différence significative entre les groupes n’a été notée.

Le premier ECR de qualité acceptable (Macko et al., 2005) a assigné aléatoirement des patients pour recevoir un programme d’entraînement progressif de 6 mois sur tapis roulant ciblant une durée de 35 minutes à 60-70% de la réserve de fréquence cardiaque, ou un programme d’étirement combiné à un entraînement de 5 minutes à faible intensité sur tapis roulant ciblant 30 à 40% de la réserve de fréquence cardiaque (groupe témoin). Après l’intervention, aucune différence significative entre les groupes n’a été notée sur la vitesse de marche telle qu’évaluée par un test de vitesse de marche sur 30 pieds (au rythme habituel ou à un rythme accéléré), ou par la sous-échelle Vitesse du Walking Impairment Questionnaire.

Le second ECR de qualité acceptable (Luft et al., 2008) a assigné aléatoirement des patients pour recevoir un programme d’entraînement progressif de tâches répétées de 6 mois sur tapis roulant ciblant une durée de 40 minutes à 40-60% de la réserve de fréquence cardiaque, ou un programme d’étirement de même durée assisté par un thérapeute (groupe témoin). Les évaluations aérobiques des patients ont été effectuées au départ de l’étude, à 3 mois et à 6 mois (après l’intervention). Une amélioration significative entre les groupes a été notée sur le pic d’effort de la vitesse de marche sur du tapis roulant et sur la vitesse de marche moyenne au sol sur 6 minutes, en faveur du groupe d’intervention comparé au groupe témoin. Aucune différence significative entre les groupes n’a été notée sur le pic de vélocité de marche au sol la plus rapide sur un test de 10 mètres.

L’étude à mesures répétées (Rand et al., 2010) a assigné les patients pour recevoir un programme de 6 mois (2 séances par semaine) comprenant 2x 1 heure d’exercices d’étirement, d’équilibre et de tâches spécifiques, et 1 heure d’activités de loisir. La vitesse de marche des patients a été mesurée au départ de l’étude, à 3 mois et à 6 mois (après l’intervention), par un test de marche sur 5 mètres. En comparaison des résultats mesurés au départ de l’étude, une amélioration significative a été observée sur la vitesse de marche à 3 mois, amélioration qui n’a pas conservé sa valeur significative lors de la mesure après l’intervention (malgré une tendance à l’amélioration).

L’étude de type pré/post (Kluding et al., 2011) a assigné des patients pour recevoir un programme d’exercices aérobiques et d’étirement de 12 semaines. La vitesse de marche des patients a été mesurée au départ de l’étude et après l’intervention par un test de marche au choix du patient sur 10 mètres. Aucune amélioration significative n’a été notée entre les deux mesures.
Note : Cette étude n’ayant pas comparé un entraînement aérobique avec une intervention témoin ne pourra être considéré pour déterminer un niveau d’évidence pour notre conclusion.

Conclusion : Il y a des données contradictoires (niveau 4) entre deux ECR de haute qualité et deux ECR de qualité acceptable au sujet de l’efficacité de l’exercice aérobique sur la vitesse de marche de patients en phase chronique de récupération d’un AVC. Tandis qu’un premier ECR de haute qualité et un ECR de qualité acceptable indiquent que l’exercice aérobique améliore certains aspects de la vitesse de marche des patients, un second ECR de haute qualité et un ECR de qualité acceptable n’indiquent aucune amélioration de la vitesse de marche suivant une intervention d’exercices aérobiques.
Note : L’ECR de haute qualité qui a noté des résultats positifs comparait un programme d’entraînement aérobique en piscine à une intervention témoin, tandis que l’ECR de haute qualité qui n’a pas relevé d’amélioration comparait un cycle d’exercices aérobiques à un cycle aérobique simulé.

VO2 sous-maximalInefficace2b

Une étude quasi-expérimentale (Rimmer et al., 2009) a examiné les effets de l’exercice aérobique sur le VO2 sous-maximal de patients en phase chronique de récupération d’un AVC. Cette étude quasi-expérimentale a assigné des patients pour recevoir un programme d’exercices d’intensité modérée de courte durée (30 minutes, 3 fois par semaine, durant 14 semaines) ; un programme d’exercices de faible intensité d’une plus longue durée (plus de 60 minutes, 3 fois par semaine, durant 14 semaines) ou ; le programme thérapeutique habituel composé principalement d’exercices de force, d’équilibre et d’amplitude articulaire (3 fois par semaine, durant 14 semaines). Le VO2 sous-maximal a été mesuré à 14 semaines (après l’intervention). Aucune différence significative entre les groupes n’a été notée.

Conclusion : Il y a des données probantes limitées (niveau 2b) provenant d’une étude quasi-expérimentale indiquant qu’un programme d’exercices aérobiques n’est pas plus efficace que des interventions témoins pour améliorer le VO2 sous-maximal de patients en phase chronique de récupération d’un AVC.


Références :

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