ABILHAND

But de l’outil de mesure
L’ABILHAND est un outil d’évaluation basé sur une entrevue qui mesure la difficulté perçue d’un patient à utiliser ses mains lors de l’exécution d’activités manuelles quotidiennes. L’ABILHAND évalue la fonction active des membres supérieurs. Cet outil mesure la capacité d’un individu à exécuter des tâches bimanuelles, indépendamment des stratégies utilisées afin d’accomplir ladite tâche (Ashford et al., 2008; Penta et al., 1998).
Versions disponibles

L’ABILHAND a d’abord été développé par Penta et al. (1998). Il s’agissait alors d’un questionnaire contenant 56 items et 4 niveaux, portant sur les capacités unimanuelles et bimanuelles de patients atteints d’arthrite rhumatoïde. L’ABILHAND original était destiné à mesurer les résultats de la réadaptation et à fournir des lignes directrices pour la fixation de buts dans la planification de traitements (Gustafsson et al., 2004). Penta et al. (2001) ont remarqué que les patients ayant vécu un accident vasculaire cérébral étaient capables d’accomplir des tâches unimanuelles avec leur membre non affecté, indépendamment de la dominance de la main, alors que les tâches bimanuelles étaient plus difficiles. Par conséquent, une version n’incluant que les items bimanuels a été développée spécifiquement pour les patients ayant vécu un AVC, en plus de deux activités unimanuelles requérant l’utilisation habile de la main affectée (couper les ongles, limer les ongles). Penta et al. (2001) ont aussi révisé l’échelle de notation à 4 niveaux (impossible, très difficile, difficile, facile) et ont remarqué que les patients utilisent rarement la notation « très difficile ». Cela a révélé que les deux échelles de notations intermédiaires (très difficile, difficile) n’étaient pas suffisamment différenciables. Par conséquent, la version pour AVC de l’ABILHAND a été développée avec une échelle de notation à 3 niveaux (impossible, certaine difficulté, facile).

D’autres versions spécifiques aux limitations ont ensuite été créées en incluant des niveaux et des ensembles d’items modifiés. Chaque version de l’ABILHAND a son propre calibrage de difficulté des items dérivé du modèle de Rasch et dépend d’algorithmes informatisés permettant d’obtenir la mesure globale du patient concernant ses réponses (Simone et al., 2011).

Caractéristiques de l’outil de mesure

Items :
L’ABILHAND est un inventaire de 23 activités bimanuelles (des plus difficiles aux moins difficiles) :

  1. Enfoncer un clou
  2. Enfiler une aiguille
  3. Éplucher des pommes de terre à l’aide d’un couteau
  4. Couper ses ongles
  5. Emballer des cadeaux
  6. Limer ses ongles
  7. Couper de la viande
  8. Éplucher des oignons
  9. Décortiquer des noisettes
  10. Dévisser le couvercle d’un pot
  11. Enclencher la fermeture éclair d’un blouson
  12. Ouvrir un sac de croustilles
  13. Boutonner sa chemise
  14. Tailler un crayon
  15. Étendre du beurre sur une tranche de pain
  16. Fermer un bouton de pression
  17. Boutonner une paire de pantalons
  18. Retirer le bouchon d’une bouteille
  19. Ouvrir une enveloppe
  20. Presser un tube de dentifrice, étendre le dentifrice sur une brosse à dents
  21. Remonter la fermeture éclair d’une paire de pantalons
  22. Déballer une barre de chocolat
  23. Se laver les mains

Cotation :
Il est demandé au patient d’évaluer sa perception de sa difficulté à exécuter les items sans aide, en se fiant à l’échelle de notation suivante :
0 = impossible
1 = Difficile
2 = Facile

Les tâches que le patient n’a pas exécutées depuis au moins 3 mois ne sont pas évaluées et sont classées en tant que « réponses manquantes ».

La conception de l’ABILHAND a été basée sur le modèle de mesure de Rasch. Ce dernier fournit une méthode permettant de convertir le score brut ordinale en une mesure linéaire sur une échelle unidimensionnelle. Le score de chaque item est inscrit dans le programme d’ordinateur WINSTEPS, soit un convertisseur de données brutes ordinales en mesures linéaires exprimées en « logits » (log-odds probability units). Le score total est échelonné sur un continuum unidimensionnel où 0 désigne le centre de l’échelle. Plus le numéro du logit est élevé, meilleure est la capacité perçue par le patient (Gustafsson et al., 2004).

Ce qu’il faut considérer avant de commencer :
Les utilisateurs doivent savoir que les mesures autoévaluées (c.-à-d. lorsque les scores ne sont pas basés sur les observations d’un clinicien) sont sujettes à la surestimation ou à la sous-estimation de la performance réelle, tout dépendant de la motivation et des habiletés cognitives de l’utilisateur (Penta et al. 2001). Les cliniciens devraient considérer les facteurs personnels du patient, tels que l’estime de soi, la connaissance de soi, la vision, l’audition, le langage et les fonctions cognitives avant d’administrer l’ABILHAND (Gustafsson et al., 2004).

Mpofu et Oakland (2010) avertissent qu’il faut être vigilant lorsqu’on utilise l’ABILHAND pour mesurer les améliorations dans l’habileté du membre supérieur affecté, suite à une réadaptation post AVC. En effet, l’ABILHAND ne prend pas en considération le bras (dominant/non dominant) utilisé pour l’exécution d’une tâche ou encore les stratégies compensatoires employées afin de compléter cette tâche. Par conséquent, une amélioration du score peut être due à l’utilisation de stratégies compensatoires plutôt qu’à une amélioration de l’habileté du membre supérieur affecté.

Durée :
10 à 30 minutes sont nécessaires pour compléter l’ABILHAND (Ashford et al., 2008; Connell et al., 2012).

Exigences de formation :
Aucune exigence de formation n’a été spécifiée pour l’ABILHAND. Toutefois, il est recommandé qu’il soit administré par un clinicien (Ashford et al., 2008).

Équipement :
L’ABILHAND est un questionnaire semi-structuré ne requérant pas d’équipement spécifique. Toutefois, le programme d’ordinateur WINSTEPS est requis pour l’analyse des scores bruts.

Clientèle cible

Peut être utilisé avec :

  • Des individus en phase chronique de récupération d’un AVC.
  • Des individus ayant de l’arthrite rhumatoïde.
  • Des individus ayant de la sclérose systémique.

Ne devrait pas être utilisé avec :

  • En raison de la nature subjective du rapport du patient, cette mesure ne devrait pas être utilisée auprès d’individus ayant des déficits cognitifs sévères (Penta et al., 2001).
  • L’ABILHAND peut ne pas convenir avec des patients présentant de l’aphasie ou de l’apraxie (Gustafsson et al., 2004).
Dans quelles langues l’outil est-il disponible ?
    • Français
    • Anglais
    • Hollandais
    • Italien
    • Suédois