Aphasic Depression Rating Scale (ADRS)

Résumé

Une recherche dans la littérature a été menée pour identifier toutes les publications pertinentes concernant les propriétés psychométriques de l’Aphasic Depression Rating Scale (ADRS). Cinq études ont été identifiées. Davantage d’études seront nécessaires avant d’en arriver à des conclusions définitives concernant la fidélité et la validité de cet outil.

Fidélité

Test-retest :
Benaim et al. (2004) ont examiné la fidélité test-retest de l’ADRS auprès de 15 patients en phase subaiguë de récupération d’un AVC et présentant de l’aphasie causée par cet AVC et admis sur l’unité de neuro-réadaptation. Les patients ont été évalués à deux reprises à un intervalle de deux semaines par la même équipe de réadaptation. Le niveau d’accord entre les items a été évalué avec des coefficients kappa et le niveau d’accord pour les scores globaux a été évalué avec des coefficients de corrélation. Les coefficients Kappa pour les 9 items étaient adéquats (kappa = 0,58 – allant de 0,33 à 1,00). Pour les scores globaux de l’ADRS, la corrélation était excellente (r = 0,89).

Inter-juges :
Benaim et al. (2004) ont examiné la fidélité inter-juges de l’ADRS auprès de 15 patients en phase subaiguë de récupération d’un AVC et présentant de l’aphasie causée par cet AVC et admis sur l’unité de neuro-réadaptation. Les patients ont été évalués à deux reprises à un intervalle de 24 heures par deux différentes équipes de réadaptation. Les coefficients kappa pour les 9 items étaient excellents (kappa = 0,69 – allant de 0,37 à 1,00). Pour les scores globaux de l’ADRS, la corrélation était excellente (r = 0,89).

Validité

Validité de contenu
Une équipe de 18 cliniciens en réadaptation a été interrogée concernant les comportements dépressifs les plus fréquemment observés chez les patients avec de l’aphasie. Six experts ont ensuite analysé trois échelles de mesure de la dépression déjà existantes et qui contenaient des items de comportements observables : la Hamilton Depression Rating Scale (HDRS) ; la Montgomery and Asberg Depression Rating Scale et la Salpetriere Retardation Rating Scale (SRRS). Seuls les items qui pouvaient être complétés sans entrevue, qui décrivaient les comportements dépressifs relevés par l’équipe et qui avaient été sélectionnés par au moins quatre experts, ont été retenus. Un total de 15 items a été sélectionné par les experts (Benaim et al., 2004).

Validité de critère
Concourante :
Benaim et al. (2004) ont examiné la validité concourante de l’ADRS. Les évaluations de la dépression par un psychiatre et les évaluations par les membres de l’équipe de réadaptation ont été utilisées comme références. Le test de Wilcoxon a été calculé pour trouver le meilleur modèle. La valeur du test de Wilcoxon était de 0,121 pour le modèle à 7 items, ce qui était une faible augmentation par rapport à 0,116 pour le modèle à 8 items. Le modèle a 7 items a donc été sélectionné : Tristesse apparente ; Insomnie-moyenne ; Anxiété-psychologique ; symptômes somatiques (gastro-intestinaux) ; Expression-lenteur dans la mobilité faciale ; Perte de poids et anxiété-somatique.

Prédictive :
N’a pas encore été examinée.

Construit
Convergente :
Benaim et al. (2004) ont examiné la validité de construit de l’ADRS en la comparant à celle du dep-psy (score psychiatre de la dépression – 50 patients), et à celle du dep-rehab (scores des membres de l’équipe de réadaptation – 50 patients) et à celle de la Hamilton Depression Rating Scale (HDRS – 25 patients). Les corrélations entre l’ADRS et le dep-psy, le dep-rehab et la HRDS étaient excellentes (respectivement, r = 0,60, r = 0,78 et r = 0,77). Les coefficients de corrélation chez les patients avec un AVC de l’hémisphère droit seulement et ceux avec un AVC de l’hémisphère gauche seulement allaient d’adéquats à excellents (r = 0,58, r = 0,70 et r = 0,84 pour l’hémisphère droit ; r = 0,60, r = 0,86 et r = 0,64 pour l’hémisphère gauche). Les scores de l’ADRS sont mieux corrélés avec ceux du dep-psy et du dep-rehab (respectivement, r = 0,59 et r = 0,85) qu’avec ceux de la HDRS (respectivement, r = 0,40 et r = 0,59).

Validité factorielle :
Une analyse des composantes principales a été menée pour analyser la structure des 15 items sélectionnés lors de la validité de contenu. Six items ont été éliminés pour éviter les redondances et les 9 items restants ont été sélectionnés pour former la version finale de l’ADRS (Benaim et al., 2004).

Sensibilité au changement

Benaim et al. (2010) ont examiné la sensibilité au changement de l’ADRS et de la Visual Analog Mood Scale (VAMS) auprès de 49 patients présentant de l’aphasie causée par un AVC et admis dans des unités de réadaptation. Un psychologue formé a évalué les patients au départ de l’étude, en évaluant leur niveau de dépression sur une échelle de 0 (aucun symptôme de dépression) à 10 (symptômes de dépression très sévères). Il a de plus évalué les patients lors d’un suivi après 30 jours et a classifié leur statut comme «détérioré», «stable» ou «amélioré» ; les changements devaient être d’au moins un point sur 10 pour que le nouveau score soit considéré comme cliniquement différent. L’ADRS et la VAMS ont également été administrés au départ de l’étude et lors du suivi de 30 jours ; les scores de l’ADRS ont été convertis en une échelle de 10 points pour effectuer la comparaison. L’ADRS s’est avérée plus sensible que la VAMS pour détecter le changement chez les patients, démontrant une large ampleur de l’effet pour détecter la détérioration et l’amélioration (respectivement, 1,18 et -0,89) comparativement à une ampleur de l’effet petite et modérée pour la VAMS (respectivement, 0,42 et – 0,50). Les changements dans les scores de l’ADRS ont également démontré une excellente corrélation (r = 0,72) avec la sévérité de la dépression telle que notée par le psychologue qualifié sur une échelle de 0 à 10.

Sensibilité/Spécificité :
Benaim et al. (2004) ont examiné la sensibilité et la spécificité de l’ADRS auprès de patients ayant subi un AVC. Le seuil limite pour le diagnostic de la dépression a été calculé en comparant les scores de l’ADRS avec le diagnostic posé par un psychiatre (dépression vs absence de dépression). Avec un score inférieur ou égal à 9/32 comme seuil limite, comparé au diagnostic réalisé par le psychiatre, la sensibilité de l’ADRS était de 0,83 et la spécificité de 0,71.

Références
  • Benaim, C., Cailly, B., Perennou, D., Pelissier, J. (2004). Validation of the aphasic depression rating scale. Stroke, 35, 1696.
  • Benaim, C., Decavel, P., Bentabet, M., Froger, J., Pelissier, J. & Perennou, D. (2010). Sensitivity to change of two depression rating scales for stroke patients. Clinical Rehabilitation, 24, 251-257.
  • Dantchev, N., Widlocher, D. (1998). The measurement of retardation in depression. J Clin Psychiatry, 59, 19-25.
  • Hamilton, M. (1967). Development of a rating scale for primary depressive illness. Br J Soc Clin Psychol, 6, 278-296.
  • Montgomery, S. A., Asberg, M. (1979). A new depression scale designed to be sensitive to change. Br J Psychiatry, 134, 382-389.