Échelle de coma de Glasgow (Glasgow Coma Scale – GCS)

Résumé

Une revue de littérature a été menée pour identifier toutes les publications pertinentes sur les propriétés psychométriques de la GCS auprès d’individus ayant subi un AVC. Seulement trois études examinant spécifiquement la GCS au niveau des AVC ont été retenues (Weir et al., 2003 ; Prasad & Menon, 1998 ; Weingarten, Bolus, Riedinger, Maldonado, Stein & Ellrodt, 1990). Ainsi, dans cette revue, des données psychométriques provenant d’études examinant les patients neurologiques qui incluent les patients ayant subi un AVC seront présentées.

Effets plancher/plafond

N’a pas été documenté.

Fidélité

Cohérence interne :
Mayer, Dennis, Peery, Fitsimmons, Du, Bernardini, Commichau et al. (2003) ont examiné la cohérence interne de la GCS auprès de 171 patients dans une unité de soins intensifs neurologiques. L’alpha de Cronbach s’est révélé être excellent (alpha = 0,83).

Test-retest
N’a pas été documenté.

Inter-juges :
Gill, Reiley et Green (2004) ont examiné la fidélité inter-juges de la GCS auprès de 116 patients au service des urgences avec des diagnostics variés (dont 10 patients ayant subi un AVC, 9% de l’échantillon). Deux urgentologues ont évalué de façon indépendante les patients en utilisant la GCS dans un délai de 5 minutes entre chaque évaluation, et n’étaient pas informés du score des autres évaluateurs. Les statistiques kappa ont été calculées pour chacun des sous-tests de la GCS et pour le score total. La meilleure réponse oculaire a obtenu une fidélité inter-juges adéquate (k pondéré = 0,72) tout comme la meilleure réponse verbale (k pondéré = 0,48) et la meilleure réponse motrice (k pondéré = 0,40). Le pourcentage d’accord pour le score total de la GCS était de 32% (Kendall’s T-b = 0,74; rho de Spearman = 0,86; rho de Spearman 2 = 75%). Le pourcentage d’accord pour la meilleure réponse oculaire était de 74% (T-b = 0,72; rho de Spearman = 0,76; rho de Spearman 2 = 57%), celui pour la meilleure réponse verbale était de 55% (T-b = 0,59; rho de Spearman = 0,67; rho de Spearman 2 = 44%) et celui pour la meilleure réponse motrice était de 72% (T-b = 0,74; rho de Spearman = 0,81; rho de Spearman 2 = 65%).

Mayer et al. (2003) ont examiné la fidélité inter-juges de la GCS auprès de 64 patients dans une unité de soins intensifs neurologiques. La GCS a été administrée par 2 ou 3 examinateurs dans un délai de 5 à 10 minutes entre chaque administration. Les examinateurs n’étaient pas informés des scores des autres examinateurs. La fidélité inter-juges s’est avérée excellente pour le score total (k pondéré = 0,91), la meilleure réponse oculaire (k pondéré = 0,86), la meilleure réponse motrice (k pondéré = 0,91) et la meilleure réponse verbale (k pondéré = 0,76). 

Validité

Contenu :
N’a pas été documenté.

Critère :
Concourante :
Aucun étalon de mesure n’existe avec lequel la GCS pourrait être comparée.

Prédictive :
Weingarten et al. (1990) ont examiné si la GCS était aussi précise pour prédire la mortalité par AVC que l’APACHE II (Knaus, Draper, Wagner & Zimmerman, 1985), une échelle qui est constituée du score de la GCS ainsi que de 11 autres variables physiologiques, de l’âge et d’une évaluation de l’état chronique. Deux cent quarante-six patients hospitalisés ayant subi un AVC, incluant 49 mortalités suréchantillonnées, ont été inclus dans l’étude. La GCS s’est avérée adéquate pour prédire la mortalité par AVC et s’est avérée être aussi précise que le score de l’APACHE II pour prédire la mortalité par AVC avec les mortalités suréchantillonnées (respectivement, r = – 0,50 et r = 0,50) et après l’exclusion des mortalités suréchantillonnées (respectivement, r = – 0,40 et r = 0,39). 

Prasad et Menon (1998) ont comparé la précision prédictive de trois stratégies alternatives pour la cotation verbale de la GSC auprès de 275 patients en phase aiguë de récupération post-AVC qui étaient intubés ou avaient une dysphasie. Le score total prédisait une mortalité aiguë avec 87% de précision en utilisant seulement les sous-échelles de la meilleure réponse oculaire et de la meilleure réponse motrice, versus 88% de précision avec les trois sous-échelles. Ainsi, les auteurs ont conclu que la sous-échelle verbale pourrait être exclue du score total de la GCS sans perte de valeur prédictive auprès de patients ayant subi un AVC. 

Weir, Bradford et Lees (2002) ont examiné la capacité de la GCS à prédire la mortalité à 2 semaines et le rétablissement à 3 mois (survie, vit à la maison) auprès d’une vaste cohorte d’individus en phase aiguë de récupération post-AVC. Les résultats de 1217 patients ayant subi un AVC (incluant 349 patients avec une dysphagie) ont été analysés. L’aire sous la courbe ROC (AUC) a été utilisée par les auteurs pour comparer les versions de la GCS. Les résultats des calculs de l’AUC ont indiqué que le score total de la GCS a une plus grande AUC que la GCS sans le score verbal pour la prédiction de la mortalité à 2 semaines. Cela est évident pour l’ensemble des participants (AUC = 0,78 pour le score total de la GCS ; 0,76 pour la GCS sans le score verbal) et pour les participants avec uniquement de la dysphasie (AUC = 0,72 pour le score total de la GCS ; 0,71 pour la GCS sans le score verbal). De même, le score total de la GCS était aussi meilleur que la GCS sans le score verbal pour prédire le rétablissement à 3 mois chez tous les participants (AUC = 0,71 pour le score total de la GCS ; 0,67 pour la GCS sans le score verbal) et chez les participants avec uniquement de la dysphasie (AUC = 0,74 pour le score total de la GCS ; 0,70 pour la GCS sans le score verbal). Ces résultats suggèrent que, contrairement aux conclusions de Prasad et Menon (1998), la sous-échelle verbale ne devrait pas être exclue chez les clients avec une dysphasie, puisque cela ajoute d’importantes informations de pronostic. Ces résultats suggèrent également que le score total à la GCS peut prédire la mortalité précoce et le rétablissement à 3 mois et que la GCS prédit mieux l’issue de la mortalité précoce que l’issue du rétablissement à 3 mois.

Construit :
Convergente/Discriminante :
Mayer et al. (2003) ont examiné la validité convergente de la GCS en la comparant avec le 60-Second Test (SST) auprès de 171 patients dans une unité de soins intensifs neurologiques, en utilisant le rho de Spearman. La GCS et le SST ont obtenu une excellente corrélation (rho de Spearman = 0,72).

Groupes connus :
N’a pas été examinée.

Sensibilité au changement

Mayer et al. (2003) ont examiné la sensibilité au changement de la GCS auprès de 36 patients dans une unité de soins intensifs neurologiques. Les patients ont été soumis à un test préliminaire, suivi par 1 à 13 rencontres de suivi effectuées toutes les 12 à 24 heures. Un neurologue effectuait un bref examen normalisé et fournissait une impression clinique globale de changement dans le niveau de conscience (meilleur, le même ou pire) en comparaison avec la rencontre précédente. Selon l’impression globale du neurologue, les patients se sont améliorés dans 24% des cas et se sont détériorés dans 26% des cas selon les 187 examens de suivi. La sensibilité de la GCS à ces changements dans le niveau de conscience était faible (46%).

Références

  • Gill, M. R., Reiley, D. G., & Green, S. M. (2004). Interrater Reliability of Glasgow Coma Scale Scores in the Emergency Department. Ann Emerg Med, 43, 215-223.
  • Knaus, W. A., Draper, E. A., Wagner, D. P., & Zimmerman, J. E. (1985). APACHE II: A severity of disease classification system. Crit Care Med, 13, 818-829.
  • Lenfant, F., Sobraques, P., Nicolas, F., Combes, J. C., Honnart, D., Freysz, M. (1997). Use of Glasgow Coma Scale by anesthesia and intensive care internists in brain injured patients. Ann Fr Anesth Reanim, 16, 239-243.
  • Mayer, S. A., Dennis, L. J., Peery, S., Fitsimmons, B. -F., Bernardini, G. L., Commichau, C., Eldaief. (2003). Quantification of lethargy in the neuro-ICU: The 60-Second Test, Neurology, 61(4), 543-545.
  • Prasad, K. (1996). The Glasgow Coma Scale: A critical appraisal of its clinimetric properties. Journal of Clinical Epidemiology, 49(7), 755-763.
  • Prasad, K. & Menon, G. R. (1998). Comparison of three strategies of verbal scoring of the Glasgow Coma Scale in patients with stroke. Cerebrovasc Dis, 8, 79-85.
  • Reilly, P., Simpson, D., Sprod, R., Thomas, L. (1988). Assessing the conscious level in infants and young children: A paediatric version of the Glasgow Coma Scale. Child’s Nerv Syst, 4(1), 30-33.
  • Rowley, G, Fielding, R. (1991). Reliability and accuracy of the Glasgow Coma Scale with experienced and inexperienced users. Lancet, 337, 535-538.
  • Teasdale, G., Jennett, B. (1974). Assessment of coma and impaired consciousness. A practical scale. The Lancet, 2(7872), 81-84.
  • Teasdale, G. M., & Jennett, B. (1976). Assessment and prognosis of coma after head injury. Acta Neurochir (Wien), 34, 45-55.
  • Warlow, C. P., Dennis, M. S., van Gijn, D., Hankey, G. J., Sandercock, P., Bamford, J. M., et al. (2001). Stroke: A Practical Guide to Management (2nd ed.). Malden, MA: Blackwell Publishing.
  • Weir, C. J., Bradford, A. P., & Lees, K. R. (2003). The prognostic value of the components of the Glasgow Coma Scale following acute stroke. Q J Med, 96, 67-74.