Mini-Mental State Examination (MMSE)

Résumé
Une revue de littérature a été menée pour identifier toutes les publications pertinentes sur les propriétés psychométriques du Mini-Mental State Examination (MMSE).
Effets plancher/plafond
Folstein, Folstein et McHugh (1998) ont relevé que le MMSE démontre des effets plafonds marqués chez les plus jeunes individus intacts et des effets planchers marqués chez les individus avec une atteinte modérée à sévère.
Fidélité

Cohérence interne :
Tombaugh et McIntyre (1992) ont examiné des études publiées au cours des 26 dernières années sur les propriétés psychométriques du MMSE. Dans ses études, la cohérence interne du MMSE allait de faible à excellente avec des coefficients alpha allant de 0,54 à 0,96.

McDowell, Kristjansson, Hill et Hebert (1997) ont examiné la cohérence interne du MMSE utilisé comme un test de dépistage des troubles cognitifs et de la démence. La cohérence interne s’est avérée adéquate (alpha = 0,78).

Holzer, Tischler, Leaf et Myers (1984) ont examiné la prévalence de la démence dans un échantillon de la communauté (n = 4 917). Dans cette étude, la cohérence interne du MMSE s’est révélée être adéquate (alpha = 0,77). La fidélité des items individuels allait de faible (alpha = 0,43 pour l’Orientation) à excellente (alpha = 0,82 pour l’Apprentissage). Les items de Calcul/Attention ont été omis de cette étude.

Kay, Henderson, Scott, Wilson, Rickwood et Grayson (1985) ont effectué une enquête dans la communauté auprès de 274 individus de plus de 70 ans. Les taux de démence ont été mesurés en interviewant les participants avec le MMSE. Dans cette étude, la cohérence interne du MMSE a été relevée comme faible avec un coefficient alpha correspondant à 0,68.

Foreman (1987) a examiné la fidélité du MMSE auprès de 66 patients de plus de 65 ans hospitalisés en médecine chirurgicale (normaux, déments ou en délirium). Le MMSE a révélé une excellente cohérence interne avec un coefficient alpha correspondant à 0,96.

Jorm, Scott, Henderson et Kay (1988) ont examiné s’il existait un biais dans le MMSE dans le sens où les individus avec moins d’éducation (inférieur ou égal à une huitième année) obtiendraient un moins bon résultat sur la mesure que les individus avec davantage d’éducation (supérieur à une huitième année). Le MMSE a été administré à 269 patients âgés. La cohérence interne a été jugée faible autant dans le groupe le plus scolarisé (alpha = 0,54) que dans le groupe le moins scolarisé (alpha = 0,65).

Albert et Cohen (1992) ont administré le MMSE à 40 personnes âgées avec des troubles cognitifs sévères. La cohérence interne du MMSE a été relevée comme faible chez les patients avec un score au MMSE ≤ 10 (alpha = 0,56). Toutefois, lorsque les patients représentant l’ensemble des scores au MMSE ont été inclus, la cohérence interne a été relevée comme excellente (alpha = 0,90).

Tombaugh, McDowell, Kristjansson et Hubley (1996) ont comparé les propriétés psychométriques du MMSE au 3MS auprès de participants vivant dans la communauté, âges de 65 à 89 ans. Les participants ont été divisés en deux groupes : un groupe sans troubles cognitifs (n = 406) et un groupe avec la maladie d’Alzheimer (n = 119). La cohérence interne chez les patients avec la maladie d’Alzheimer correspondait à un alpha de 0,81. La cohérence interne du MMSE a été relevée comme faible dans le groupe sans déficience cognitive (alpha = 0,62) et s’est révélée excellente chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer (alpha = 0,81).

Hopp, Dixon, Grut et Backman (1997) ont administré le MMSE à 44 adultes n’ayant pas de démence et âgés de plus de 75 ans. Dans cet échantillon, la cohérence interne du MMSE s’est avérée faible avec des coefficients alpha allant de 0,31 à 0,52.

Test-retest:
Tombaugh et McIntyre (1992) ont examiné des études publiées au cours des 26 dernières années sur les propriétés psychométriques du MMSE. Ils ont relevé que dans les études ayant un intervalle test-retest < 2 mois, le MMSE présentait une fidélité test-retest allant de faible à excellente avec des coefficients de corrélation allant de 0,38 à 0,99. Vingt-quatre études sur 30 ont relevé une excellente fidélité test-retest (r> 0,75).

Folstein et al. (1975) ont administré le MMSE à 206 patients avec des syndromes de démence, des troubles affectifs, des troubles affectifs avec des troubles cognitifs, de la manie, de la schizophrénie, des troubles de la personnalité, et à 63 témoins en bonne santé. La fidélité test-retest du MMSE, administré à deux reprises en 24 heures, s’est avérée excellente, avec un coefficient de corrélation de Pearson de r = 0,89. Lorsque le MMSE a été administré à des patients souffrant de dépression et de démence, à deux reprises, avec 28 jours d’intervalle, la corrélation s’est également avérée excellente, avec une corrélation de Pearson de r = 0,99.
Note : Les coefficients de corrélation de Pearson sont susceptibles de surestimer la fidélité et le coefficient de corrélation de Spearman n’est plus utilisé pour évaluer la fidélité test-retest.

Schmand, Lindeboom, Launer, Dinkgreve, Hooijer et Jonker (1995) ont examiné la fidélité test-retest du MMSE auprès de personnes saines et âgées, examinées à deux reprises avec un intervalle d’un an entre les évaluations. La fidélité test-retest s’est révélée être adéquate (coefficient de corrélation de Spearman = 0,58). Les résultats de cette étude sont similaires à ceux publiés par O’Connor et al. (1989). Ces résultats suggèrent que le MMSE n’est pas une mesure appropriée pour détecter une déficience cognitive subtile.

Hopp et al. (1997) ont administré le MMSE à 44 adultes n’ayant pas de démence, âgés de plus de 75 ans. La fidélité test-retest pour les intervalles de 6, 12 mois et 18 mois, en utilisant les corrélations de Pearson, variait d’adéquate à excellente (r = 0,56 à r = 0,80).

Olin et Zelinski (1991) ont examiné la fidélité du MMSE dans un intervalle de 12 mois auprès de 57 participants âgés n’ayant pas de démence. De faibles corrélations test-retest à 12 mois ont été relevées pour le score total au MMSE (r = 0,34 lors de l’administration de l’item d’Attention par alternance, r = 0,23 lors de l’administration du même item d’Attention).

Uhlmann, Larson et Buchner (1987) ont également examiné la fidélité test-retest du MMSE avec un intervalle de 12 mois auprès de patients présentant des troubles de démence. Dans cette étude, la fidélité test–retest s’est avérée excellente (r = 0,86).

Mitrushina et Satz (1991) ont examiné la fiabilité test-retest du MMSE auprès de 122 volontaires âgés de 57 à 85 ans, en bonne santé, et vivant dans la communauté. La fidélité test-retest du MMSE s’est avérée adéquate (allant de r = 0,45 à r = 0,50) sur un intervalle d’un an, et faible sur une période de deux ans (r = 0,38).

Intra-juge / inter-juges :
Molloy et Standish (1997) ont examiné la fidélité intra-juge du MMSE en le comparant au SMMSE auprès de 48 personnes âgées. Des étudiants universitaires, qui ont été formés pour administrer le MMSE ou le SMMSE, ont testé les participants à trois reprises afin d’évaluer leur fidélité intra-juge et inter-juges. Un coefficient de corrélation intraclasse (CCI) adéquate de 0,69 a été relevé pour le MMSE original.

Inter-juges :
Dick et al. (1984) ont examiné la fidélité inter-juges du MMSE chez des patients avec des troubles neurologiques et ont relevé un kappa de 0,63, démontrant la fidélité inter-juges adéquate du MMSE.

Fabrigoule, Lechevallier, Crasborn, Dartigues et Orgogozo (2003) ont examiné la fidélité du MMSE chez des patients susceptibles de développer une démence. Cinquante généralistes et psychologues formés ont examiné les patients. Une différence significative a été relevée sur les scores entre les généralistes et les psychologues pour le MMSE. Le coefficient de corrélation de concordance était de 0,87 entre les évaluations effectuées par les généralistes et celles effectuées par les psychologues.

Dans une étude menée par O’Connor et al. (1989), 5 codeurs ont évalué des entrevues enregistrées auprès de 54 patients de médecine générale âgés de 75 ans et plus. Dans cette étude, la fidélité inter-juges s’est avérée excellente avec une valeur moyenne de kappa de 0,97.

Validité

Construit :
Bien que le MMSE soit généralement considéré comme unidimensionnel, Jones et Gallo (2000) ont identifié 5 facteurs (Concentration, Langage et praxies, Orientation, Mémoire, et Attention) pour soutenir la validité de construit du MMSE en tant que mesure de l’état mental cognitif chez les adultes plus âgés vivant dans la communauté.

Concourante : 
Friedl, Schmidt, Stronegger, Fazekas et Reinhart (1996) ont examiné la validité concourante du MMSE et de la Mattis Dementia Rating Scale (MDRS – Mattis, 1976), deux mesures couramment utilisées pour dépister la démence. La validité simultanée entre le MMSE et la MDRS a été jugée faible (r de Pearson = 0,29), de même que les corrélations entre les sous-échelles du MMSE et de la MDRS (Attention r = 0,18 ; Initiation et persévération r = 0,04 ; Construction r = 0,10 ; Conceptualisation r = 0,17 ; Mémoire à court terme verbale et non verbale r = 0,27).

Folstein et al. (1975) ont administré le MMSE à 206 patients avec des syndromes de démence, des troubles affectifs, des troubles affectifs avec des troubles cognitifs, de la manie, de la schizophrénie, des troubles de la personnalité et à 63 témoins en bonne santé. La validité concourante du MMSE a été examinée en corrélant la mesure avec la Wechsler Adult Intelligence Scale (WAIS – Wechsler, 1955). Les validités concurrentes entre le MMSE et la Wais Verbale (r = 0,78) et la WAIS Performance (r = 0,66) se sont avérées toutes deux excellentes.

Hopp, Dixon, Grut et Backman (1997) ont administré le MMSE et la Wechsler Adult Intelligence Scale-Revised (WAIS-R, Wechsler, 1981) à 44 adultes n’ayant pas de démence et âgés de plus de 75 ans. Les corrélations entre le MMSE et la WAIS-R Verbale se sont avérées adéquates, allant de r = 0,36 à r = 0,52. Les corrélations entre le MMSE et la WAIS-R Performance se sont aussi avérées adéquates, allant de r = 0,37 à r = 0,57. Les corrélations entre le MMSE et les sous-échelles de la WAIS-R allaient de faibles à excellentes (r = 0,20 à r = 0,60). Les corrélations entre les sous-échelles du MMSE et la WAIS-R se sont avérées généralement inférieures à r = 0,41. La sous-échelle Langage du MMSE a obtenu les corrélations les plus faibles, à la fois avec la WAIS-R Verbal et la WAIS-R Performance. Les corrélations entre les sous-échelles du MMSE et les sous-échelles de la WAIS-R ont démontré que la sous-échelle Orientation du MMSE a obtenu les corrélations les plus faibles avec toutes les sous-échelles de la WAIS-R (r = 0,001 à r = 0,40).

Tout comme les résultats de Hopp et al. (1997), Dick et al. (1984) ont examiné l’utilité du MMSE pour le dépistage au chevet et l’évaluation en série de la fonction cognitive auprès de 126 patients en neurologie et ont relevé des corrélations adéquates entre le MMSE et la Weschler Adult Intelligence Scale (WAIS) (r = 0,55 pour la WAIS-Verbale ; r = 0,56 pour la WAIS-Performance).

Agrell et Dehlin (2000) ont relevé des corrélations significatives entre les scores au MMSE et l’indice de Barthel (Mahoney & Barthel, 1965), la Montgomery Asberg Depression Rating Scale (MADRS – Montgomery & Asberg, 1979) et la Zung Depression Scale (Zung, 1965).

Diamond, Felsenthal, Macciocci, Butler et Lally-Cassady (1996) ont examiné la relation entre la cognition et la capacité à bénéficier de la réadaptation durant l’hospitalisation auprès de 52 patients admis en réadaptation gériatrique. Le gain fonctionnel a été évalué en utilisant le changement dans le score sur la Mesure de l’Indépendance Fonctionnelle (MIF – Keith, Granger, Hamilton, & Sherwin, 1987), de l’admission jusqu’au moment du congé. Le MMSE ne s’est pas révélé être associé au changement sur le score de la MIF (r = 0,10). Toutefois, le MMSE seul et en association avec l’âge a corrélé adéquatement avec le statut fonctionnel à l’admission (r = 0,58) et au moment du congé (r = 0,49).

Convergente :
Snowden et al. (1999) ont examiné 140 patients qui faisaient partie du Alzheimer’s Disease Patient Registry pour évaluer les propriétés psychométriques d’une nouvelle mesure, le Minimum Data Set (MDS). Les scores de performance cognitive du MDS ont corrélés avec le MMSE. Le MMSE a corrélé adéquatement avec le MDS (r de Spearman = -0,45 – cette corrélation est négative car un faible score au MMSE indique un trouble cognitif, tandis qu’un score élevé au MDS indique une atteinte). Conformément aux études antérieures, le MMSE a obtenu d’excellentes corrélations avec les scores Verbal et Performance de la Weschler Adult Intelligence Scale (WAIS), respectivement, r = 0,78 et r = 0,66.

Discriminante : 
Winograd et al. (1994) ont développé le Physical Performance and Mobility Examination, une mesure utilisée pour évaluer 6 domaines du fonctionnement physique et de la mobilité pour les personnes âgées hospitalisées. La validité de construit de cette mesure a été examinée en la comparant au MMSE, aux Activités de la vie quotidienne (AVQ), aux Activités de la vie domestique (AVD – Lawton et Brody, 1969), à l’Échelle de dépression gériatrique (Yesavage et al., 1983), et à la modified Medical Outcomes Study Measure of Physical Functioning (MOS-PFR). Le MMSE a faiblement corrélé avec le Physical Performance and Mobility Examination (r = 0,36), ce qui suggère que ces deux mesures évaluent des construits différents.

Macnight et Rockwood (1995) ont examiné la validité discriminante du MMSE en le comparant à une nouvelle mesure, la Hierarchical Assessment of Balance and Mobility (HABAM), auprès de patients de 65 ans et plus. La validité discriminante a été démontrée, car les deux mesures ont faiblement corrélées (r = 0,15).

Groupes connus.
Wetherell, Darby, Emerson et Miller (1997) ont noté que le MMSE est en mesure de faire la distinction entre les patients avec la maladie d’Alzheimer et les patients avec une démence fronto-temporale.

Kase, Wolf, Kelly-Hayes, Kannel, Beiser et D’Agostino (1998) ont constaté que les scores au début de l’étude (pré-AVC) du MMSE se sont avérés significativement plus faibles chez les patients ayant subi un AVC que ceux de témoins appariés. La différence s’est accentuée lorsque les scores post-AVC ont été comparés. Le MMSE pourrait faire la distinction entre les patients ayant subi un AVC au niveau de l’hémisphère gauche, de ceux ayant subi un AVC à l’hémisphère droit. Chez les patients ayant subi un AVC à l’hémisphère droit, les troubles cognitifs se sont caractérisés par une baisse significative des scores du pré-AVC au post-AVC, spécifiquement dans les domaines de l’Orientation et du Langage. Pour les patients avec un AVC à l’hémisphère gauche, une baisse significative des scores du pré-AVC au post-AVC a été constatée sur quatre des cinq domaines du MMSE, (Concentration, Langage et praxies, Orientation et Attention, à l’exception la Mémoire).

Prédictive :
Ozdemir et al. (2001) ont examiné la validité prédictive du MMSE auprès de 43 patients ayant subi un AVC. Les scores totaux du MMSE, au début de l’étude, ont corrélés avec le score Moteur au moment du congé de la Mesure de l’indépendance fonctionnelle (Keith et al., 1987) dans le sens d’une amélioration (r = 0,31). Le sous-score Orientation du MMSE, au début de l’étude, a corrélé significativement avec l’amélioration du score d’Ambulation fonctionnelle, telle que mesurée par la Adapted Patient Evaluation and Conference System functional scale (r = 0,31). Ces résultats suggèrent que les scores totaux du MMSE, au début de l’étude, sont quelque peu prédictifs de l’amélioration fonctionnelle chez les patients ayant subi un AVC après la réadaptation.

Diamond et al. (1996) ont examiné la relation entre la cognition et la capacité de bénéficier de la réadaptation durant l’hospitalisation auprès de52 patients admis en réadaptation gériatrique. Le MMSE s’est révélé être hautement prédictif de la destination lors du congé, de sorte que de faibles scores au MMSE se sont associés à une plus grande probabilité d’un placement en hébergement (r = 0,68). Alors que seulement 8% du quartile supérieur sur le score du MMSE étaient placés en hébergement suite au congé, 62% du quartile inférieur sur le score du MMSE étaient placés en hébergement suite au congé.

Aguero-Torres, Fratiglioni, Guo, Viitanen, von Strauss et Winblad (1998) ont examiné les prédicteurs de dépendance dans les Activités de la vie quotidienne (tels que mesurés par le Katz index of Activities of Daily Living – Katz, Downs, Cash, Grotz, 1970) chez les personnes âgées. Chez les patients n’ayant pas de démence, le MMSE s’est révélé être l’un de meilleurs prédicteurs pour le développement d’une dépendance fonctionnelle à un intervalle de suivi de 3 ans. Les plus faibles scores au MMSE étaient associés avec la dépendance fonctionnelle chez les adultes ayant une démence (OR = 0,8) et chez les adultes n’ayant pas de démence (OR = 0,80). La performance initiale au MMSE a également prédit la dépendance fonctionnelle future et le déclin chez les adultes n’ayant pas de démence (OR = 0,70). Ainsi, indépendamment de la présence d’autres conditions chroniques, le MMSE peut indiquer le statut fonctionnel ultérieur dans la population âgée cognitivement intacte.

Matsueda et Ishii (2000) ont rétrospectivement examiné la relation entre le score au MMSE et le niveau d’ambulation (divisé en trois groupes : dépendant, partiellement dépendant et indépendant) auprès de 162 patients âgés ayant subi une fracture de la hanche. Une relation significative a été relevée entre le score initial au MMSE et le niveau d’ambulation, de sorte que les individus du groupe dépendant ont obtenu le score moyen le plus bas sur le MMSE, soit de seulement 6,6, les individus du groupe partiellement dépendant ont obtenu un score moyen de 17,9, et les individus du groupe indépendant ont obtenu le plus haut score sur le MMSE, soit de 24,6.

Huusko, Karppi, Avikainen, Kautiainen et Sulkava (2000) ont examiné l’effet de la réadaptation gériatrique intensive (groupe d’intervention) en comparaison au traitement reçu dans l’hôpital local (groupe témoin) auprès de patients avec une démence et une fracture de la hanche. Les scores sur le MMSE se sont avérés prédictifs de la durée du séjour à l’hôpital, de sorte que pour les patients avec une démence modérée (score sur le MMSE de 12-17), la durée moyenne de séjour était de 47 jours dans le groupe d’intervention et de 147 jours dans le groupe contrôle. Les patients avec une démence légère (score au MMSE de 18-23) avaient une durée de séjour de 29 jours dans le groupe d’intervention et de 46,5 jours dans le groupe témoin. Aucune différence significative n’a été observée au niveau de la mortalité ou de la durée du séjour à l’hôpital chez les patients avec une démence sévère. Dans le groupe d’intervention, 3 mois après la chirurgie, 91% des patients avec une démence légère et 63% des patients avec une démence modérée vivaient de façon autonome. Dans le groupe témoin, les chiffres correspondants étaient respectivement de 67% et 17%. Les résultats de cette étude suggèrent que le MMSE est associé avec la durée du séjour à l’hôpital et en réadaptation, et que la durée du séjour peut être affectée par l’intervention pour les personnes ayant des troubles cognitifs.

Pettigrew, Thomas, Howard, Veltkamp et Toole (2000) ont examiné si les scores faibles sur le MMSE prédisent l’accident ischémique transitoire, l’AVC, l’infarctus du myocarde ou le décès. Les patients ont été assignés aléatoirement pour recevoir une endartériectomie carotidienne ou le meilleur traitement médical en vue de préserver la cognition. Une relation significative a été relevée entre un faible score sur le MMSE après la randomisation et un risque accru de décès. De plus, les patients qui ont subi un AVC après la randomisation ont obtenu une diminution significative et persistante sur le score au MMSE.

Sensibilité et spécificité

De faibles niveaux de sensibilité, en particulier chez les individus ayant des troubles cognitifs légers, ont été relevés pour le MMSE (Tombaugh & McIntyre, 1992; de Koning et al. 1998) et peuvent être dus à l’importance accordée aux items de langage et au manque d’items pour évaluer les capacités visuo-spatiales (Grace et al. 1995; de Koning et al. 1998; Suhr & Grace, 1999).

Blake et al. (2002) ont examiné la sensibilité et la spécificité du MMSE pour détecter les troubles cognitifs après un AVC. Lorsque le MMSE a été comparé avec les troubles cognitifs, ils ont identifié un seuil optimal de < 24, avec une bonne spécificité (88%) et une sensibilité modérée (62%). Toutefois, il n’était pas possible d’identifier des scores seuils appropriés pour l’utilisation du MMSE pour évaluer la présence de déficits visuels ou de déficits de mémoire verbale.

Nys, van Zandvoort, de Kort, Jansen, Kappelle et de Haan (2005) ont administré le MMSE à 34 patients ayant subi un AVC et 34 témoins en bonne santé. Dans cette étude, aucun score seuil optimal, produisant à la fois une sensibilité supérieure à 80% et une spécificité supérieure à 60%, n’a pu être identifié.

Références
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