Cambridge Cognition Examination (CAMCOG)

Résumé

Une recherche dans la littérature a été menée pour identifier toutes les publications pertinentes concernant les propriétés psychométriques du Cambridge Cognition Examination (CAMCOG) auprès d’individus ayant subi un AVC. Six études ont été identifiées concernant le CAMCOG, une étude concernant le CAMCOG-R et une étude concernant le R-CAMCOG.

Effets plancher/plafond

de Koning, Dippel, van Kooten et Koudstaal (2000) ont analysé les effets de plancher / plafond du CAMCOG auprès de 300 clients ayant subi un AVC. Un effet de plafond a été relevé sur 2 des 10 items évaluant l’Orientation ; sur 8 des 17 items évaluant le Langage ; sur 2 des 13 items évaluant la Mémoire ; sur 1 des 8 items évaluant le Praxie : et sur 1 des 3 items évaluant la Perception, où plus de 20% des participants ont obtenu le score maximal. Aucun effet de plancher n’a été observé sur les mesures du CAMCOG.

Fidélité

Aucune étude n’a examiné la fidélité du CAMCOG auprès de clients ayant subi un AVC.

Validité

Aucune étude n’a évalué la validité de contenu du CAMCOG auprès de clients qui ont subi un AVC.

de Koning et al. (2000) ont analysé les scores sur le CAMCOG de 300 clients ayant subi un AVC et ont réduit le nombre d’items de 59 pour le CAMCOG à 25 pour le R-CAMCOG. Initialement, la réduction du nombre d’items a permis de retirer 14 des items du CAMCOG qui présentaient des effets de plafond. Ensuite, les sous-échelles évaluant le Langage, l’Attention, la Praxie et la Capacité de calculer ont été éliminées à cause de leur faible exactitude de diagnostic. Finalement, les items avec de très hautes ou très basses corrélations inter-items ont été enlevés.

Validité de critère :
Concourante :
Aucune étude n’a examiné la validité concourante du CAMCOG auprès de clients ayant subi un AVC.

Prédictive :
Kwa, Limburg, Voogel, Teunisse, Derix et Hijdra (1996a) ont examiné si l’âge, le niveau d’éducation, le côté et le volume de la zone ischémique, la sévérité de l’aphasie et le fonctionnement moteur prédisaient les scores au CAMCOG, 3 mois après un AVC chez 129 clients. Un score seuil de 80 a été utilisé pour faire la distinction entre un fonctionnement cognitif normal ou anormal. En se basant sur une analyse de régression incluant les variables mentionnées plus haut, l’âge est apparu comme le meilleur prédicteur des scores au CAMCOG, 3 mois après un AVC.
Note : Le moment des mesures prises initialement n’a pas été documenté dans l’étude.

Kwa, Limburg et de Haan (1996b) ont vérifié la capacité du CAMCOG, de la Rankin Scale (Rankin, 1957), de l’Indice de Barthel (Mahoney & Barthel, 1965) du Motricity Index (Colin & Wade, 1990), du niveau de sévérité de l’aphasie, de l’âge, du niveau d’éducation, du volume et du côté de la zone ischémique, de prédire la qualité de vie auprès de 97 clients ayant subi un AVC. L’analyse de régression linéaire a démontré que les meilleurs prédicteurs de la qualité de vie étaient la Rankin Scale, le volume de la zone ischémique et la sévérité de l’aphasie.
Note: Le moment de toutes les prises de mesure n’a pas été documenté dans l’étude.

de Koning, van kooten, Dippel, van Harskamp, Grobbee, Kluft, et al. (1998) ont analysé la capacité du CAMCOG et du Mini-Mental State Examination (MMSE – Folstein, Folstein, & McHugh, 1975), mesurés peu de temps après un AVC, de prédire la démence mesurée 3 à 9 mois plus tard chez 300 clients ayant subi un AVC. La validité prédictive a été calculée par des statistiques-c pour déterminer la valeur de l’aire sous la courbe ROC (Receiver Operating Caracteristic – AUC). La capacité du CAMCOG (AUC = 0,95) et du MMSE (AUC = 0,90) de prédire la démence après un AVC étaient considérées toutes les deux comme excellentes. Ces résultats suggèrent que le pourcentage de patients classés correctement selon leur niveau de démence, 3 à 9 mois après un AVC, était seulement légèrement plus haut lors de l’utilisation du CAMCOG comparativement au MMSE.

de Koning et al. (2000) ont évalué si le CAMCOG et le R-CAMCOG, mesurés lors de l’admission à l’hôpital, prédisaient la démence 3 à 9 mois après un AVC chez 300 clients. La validité prédictive, calculée en utilisant les statistiques-c pour déterminer l’aire sous la courbe ROC (Receiver Operating Characteristic – AUC), était excellente pour le CAMCOG (AUC = 0,95) et pour le CAMCOG-R (AUC = 0,95). Ces résultats suggèrent que le pourcentage de patients correctement classés selon leur niveau de démence 3 à 9 mois après un AVC est le même lorsque le CAMCOG est utilisé que lorsque le R-CAMCOG est utilisé. De plus, lorsqu’un score seuil de 77 pour le CAMCOG et de 33 pour le R-CAMCOG ont été utilisés, les deux outils de mesure avaient respectivement une sensibilité de 91% et une spécificité de 88% et de 90%.

Van Heugten, Rasquin, Winkens, Beusmans et Verhey (2007) ont estimé la capacité d’une liste de vérifications des déficits cognitifs et émotionnels, mesurée 6 mois après un AVC, de prédire les scores au CAMCOG et au MMSE après 12 mois chez 69 clients. L’analyse de régression a démontré que les déficits cognitifs et émotionnels expliquaient 31% de la variance du MMSE et 22% de la variance du CAMCOG. Ces résultats suggèrent que les déficits cognitifs et émotionnels étaient capables de prédire les scores des deux outils de mesure.

Winkel-Witlox, Post, Visser-Meily et Lindeman (2008) ont analysé la capacité du R-CAMCOG, du MMSE et de la Mesure de l’indépendance fonctionnelle (MIF – Keith, Granger, Hamilton, & Sherwin, 1987) de prédire les scores au CAMCOG de 169 clients. Les quatre outils de mesure ont été utilisés peu de temps après un AVC, puis un an après celui-ci. Peu de temps après l’AVC, l’analyse de régression a démontré que le R-CAMCOG expliquait 83% de la variance, le MMSE expliquait 53% et la MIF expliquaient 11% de la variance. Un an après un AVC, le R-CAMCOG expliquait 82% de la variance du CAMCOG, le MMSE expliquait 57% et la MIF seulement 0,4%. Ces résultats suggèrent que le R-CAMCOG est le meilleur prédicteur des résultats au CAMCOG parmi ces variables indépendantes.

Validité de construit :
Convergente/Discriminante :
Winkel-Witlox et al. (2008) ont examiné la validité convergente du CAMCOG en le comparant au R-CAMCOG, au Mini-Mental State Examination (MMSE – Folstein, Folstein, & McHugh, 1975) et à la Mesure de l’indépendance fonctionnelle (MIF – Keith, Granger, Hamilton, & Sherwin, 1987) auprès de 169 clients ayant subi un AVC. Peu de temps après l’AVC et 1 an après celui-ci, les corrélations entre le CAMCOG, le R-CAMCOG et le MMSE étaient toutes excellentes (respectivement, rho1 = 0,92; 0,66, rho2 = 0,92; 0,69). Les corrélations entre le CAMCOG et la MIF étaient adéquates peu de temps après l’AVC (rho1 = 0,35) et faibles après un an (rho2 = 0,27).

Leeds, Meara, Woods et Hobson (2001) ont analysé la validité de construit du CAMCOG-R en le comparant au Raven Test (Raven, 1982), au Weigl Test (Grewal, Haward, & Davies, 1986), à l’Échelle de dépression gériatrique (Sheikh & Yesavage, 1986) et à l’Indice de Barthel (Mahoney & Barthel, 1965) auprès de 83 clients ayant subi un AVC. Les corrélations, calculées en utilisant les corrélations de Pearson, étaient excellentes entre le CAMCOG-R et le Raven Test (r = 0,75) et le Weigl Test (r = 0,70). Les corrélations entre le CAMCOG-R et l’Échelle de dépression gériatrique (r = -0,30) ainsi qu’entre le CAMCOG-R et l’Indice de Barthel (r = 0,20) étaient toutes faibles.

Groupes connus.
de Koning et al. (1998) ont analysé si le CAMCOG était capable de faire la distinction entre les individus avec et sans démence auprès de 300 clients ayant subi un AVC. La validité des groupes connus, calculée en utilisant le test t de Student, a démontré que le CAMCOG était capable de faire la distinction entre les clients avec et sans démence. Ces résultats démontrent que les clients avec une démence ont des scores au CAMCOG qui sont statistiquement et significativement plus bas.

Kwa et al. (1996a) ont vérifié la capacité du CAMCOG de faire la distinction entre les clients sans aphasie et les clients avec de l’aphasie sévère auprès de 129 clients ayant subi un AVC. La validité des groupes connus, calculée en utilisant le test t de Student, a démontré que le CAMCOG était capable de faire la distinction entre les différents niveaux de sévérité d’aphasie.

Sensibilité au changement

Aucune étude n’a examiné la sensibilité au changement du CAMCOG auprès de clients ayant subi un AVC.

Leeds et al. (2001) ont examiné la sensibilité au changement du CAMCOG-R chez 83 clients ayant subi un AVC. Les participants étaient évalués initialement puis 63 jours plus tard. Lors du suivi, les changements dans les scores au CAMCOG-R étaient tous statistiquement significatifs (p<0.01). Ces résultats suggèrent que le CAMCOG-R est sensible au changement du statut cognitif des clients ayant subi un AVC.

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